Fanny Ardant n'a jamais caché son rapport lucide à l'âge et au temps qui passe. Alors que la chirurgie esthétique est entrée dans les mœurs et que les femmes qui exercent un métier du show business y cèdent volontiers, la comédienne a une approche différente.
"Il y a quelque chose de très tragique dans la vieillesse. Aux yeux des jeunes, c'est même un naufrage. (...) Je veux vivre ma vieillesse avec intelligence et dignité, car je déteste l'idée de me sentir une victime", disait-elle à Madame Figaro en 2023.
Et la star des films 8 Femmes ou La Belle Époque ajoutait : "En revanche, c'est moi qui décide quand et comment. (...) J'ai toujours pensé que la société était très dangereuse : on nous a toujours dit qu'elle était là pour nous éviter de finir à l'état sauvage. Mais si elle doit nous transformer en robots qui suivent les diktats de la beauté, de la mode, de la chirurgie esthétique et de la bonne santé à tout prix, on est perdu ! Ça n'a aucun sens de façonner et d'amenuiser sa vie dans le seul but d'arriver intact dans son tombeau."
Interrogée à de nombreuses reprises sur la chirurgie esthétique, Fanny Ardant garde une position tranchée et assumée. Pas question pour elle de passer sous le bistouri pour lisser des rides qu'elle considère comme le reflet de son parcours. Mais pas question non plus de ressentir une fierté à ne pas franchir le cap. "Non, je m'en fous. Je ne veux pas chercher à plaire et je ne veux pas reculer la fin. J'ai toujours dit qu'il y avait deux choses dont il est indigne de se plaindre : de payer trop d'impôts et de vieillir (...) Je ne fais pas de prosélytisme ; au fond, je trouve qu'il y a de la place pour tout le monde", assurait-elle à Télé Loisirs en 2024.
Aujourd'hui, alors que cette maman de trois enfants - Lumir Leverd (51 ans), Joséphine Truffaut (43 ans) et Baladine Conversi (36 ans) - écrit les dernières pages de sa vie, cela ne lui procure aucune inquiétude particulière.
"J'ai très tôt pensé à la mort. Que tout est éphémère. De façon presque maladive. J'ai eu beaucoup de personnes que j'aimais tant qui sont mortes [notamment son compagnon, le réalisateur François Truffaut, ndlr]... Je flirte sans arrêt avec l'idée de la fin. Mais pas de façon morbide. Je pense qu'il faut aller vers l'âge et la mort comme ça ! Pas comme on va à la guillotine. C'est inéluctable, ça ne me fait pas peur. Ces journaux qui titrent 'Comment rester jeune jusqu'à 90 ans', ça m'exaspérait", avait-elle confié à RTL, en 2022.