Tout part d'un dégât des eaux survenu le 15 mai 2017 dans une maison de Haute-Saône. Une fuite se déclare au niveau d'une canalisation de la salle de bains située à l'étage et l'eau fait des dégâts dans plusieurs pièces. Le propriétaire, assuré chez Allianz, déclare donc le sinistre et attend logiquement que les dommages soient chiffrés. Jusque-là, rien de très inhabituel dans la vie mouvementée d'un contrat d'assurance habitation.
Sauf que les montants vont vite devenir le cœur du problème. Une première expertise chiffre les dommages à seulement 11 290,95 euros, dont 3 740 euros à verser immédiatement. Or, le propriétaire estime que les conséquences du dégât des eaux sont bien plus importantes. Cuisine, parquets, plafonds, plomberie, carrelage, installation électrique… plusieurs postes doivent être pris en compte et certains représentent à eux seuls plusieurs milliers, voire dizaines de milliers d'euros. Les estimations vont donc énormément varier au fil du dossier. Après de nouveaux échanges et expertises, Allianz finit par faire une proposition beaucoup plus élevée le 20 février 2020 : 46 453,71 euros. Une belle hausse par rapport au premier chiffrage, mais toujours pas assez aux yeux de l'assuré.
Plutôt que d'accepter, il fait alors jouer un levier que l'on connaît beaucoup moins : il mandate son propre expert pour réaliser une contre-expertise. Le cabinet Est Expertise chiffre d'abord les dommages directement liés au dégât des eaux à 32 629 euros. Comme l'assureur et l'assuré restent en désaccord, l'affaire ne s'arrête pas là : un tiers expert intervient à son tour pour reprendre le dossier. Et son évaluation change sérieusement la donne puisqu'elle atteint 131 408 euros. Autrement dit, contester une indemnisation ne consiste pas simplement à répondre à son assureur que le montant semble un peu léger : il faut pouvoir opposer à son estimation une autre évaluation argumentée des dommages. Faute d'accord malgré ces expertises, le propriétaire finit par saisir la justice en juin 2021. Il réclame alors 140 418 euros à Allianz. Au bout du compte, la cour fixe l'indemnité à 82 961,55 euros, dont doivent encore être déduites les sommes déjà versées et la franchise prévue au contrat. C'est environ 36 500 euros de plus que les 46 453,71 euros proposés par Allianz en 2020.
Et c'est surtout là que cette affaire devient utile pour n'importe quel assuré : une proposition d'indemnisation que l'on juge trop basse peut être contestée et une contre-expertise permet d'apporter sa propre évaluation des dégâts. Si les experts ne tombent toujours pas d'accord, les modalités prévues au contrat peuvent conduire à l'intervention d'un tiers expert. Dans cette affaire, c'est précisément cette succession d'évaluations, puis leur examen par la justice, qui a permis d'aboutir à un montant bien supérieur à l'offre de l'assureur.