Quitter son pays n'est pas toujours une chose facile mais, chaque année, des milliers de Français sautent le pas ; à date, France Diplomatie estime qu'environ 2,5 millions de nos concitoyens sont répartis dans le monde. Dans ce contexte, un constat s'impose depuis quelques années : Israël accueille de plus en plus de candidats à l'alya.
L'alya c'est quoi ? C'est l'acte d'immigration d'une personne juive vers Israël. Et la démarche a gagné en popularité, particulièrement depuis l'attaque du 7 octobre 2023. Cet été, The Times of Israël se faisait ainsi l'écho d'une "tendance à la hausse qui se poursuit (...) pour la troisième année consécutive." Il faut dire que, dans le même temps, le ministère de l'Intérieur français déplorait que "les actes antisémites se maintiennent à un niveau historiquement élevé".
Par ailleurs, "depuis 1948, plus de 130 000 Juifs ont immigré en Israël depuis la France, en vertu de la Loi du retour, qui accorde automatiquement la citoyenneté aux Juifs s'installant dans l'État hébreu", précise de son côté i24news. Et, en arrivant, le ministère en charge de l'alya délivre alors un document officiel qui confère le statut de nouvel immigrant.
Statut qui s'accompagne de divers avantages - on parle alors d'un "panier d'intégration" - comme le Sal Klita, soit une aide financière versée par le ministère de l'Intégration destinée à couvrir les premiers frais d'installation, qui est étalée en six versements mensuels. Pour une personne seule, le montant total va d'environ 5200 euros à 6500 euros alors que, pour un couple, la fourchette va de 8500 à un peu plus de 10 000 euros. A cela s'ajoute une exonération ou réduction de la taxe municipale pendant les 12 premiers mois ou encore une aide au logement dans certaines villes etc.
Si de nombreux Juifs de France ont donc décidé de faire leurs valises pour ne plus subir la crainte d'une agression, tous ne partent pas pour la même raison. C'est le cas de Vanessa, qui a décidé l'an dernier d'aller vivre en Israël après des déboires amoureux. "Je n'avais plus d'appartement, j'ai décidé de m'installer ici", nous a-t-elle confié. Au début, elle a opté pour "faire six mois à Tel-Aviv" mais, assez vite, elle a fait un constat concret qu'il faut prendre en compte avec un tel déménagement : "Ce fut un peu compliqué et c'est très cher !"
Ses recherches immobilières lui ont d'ailleurs fait l'effet d'une douche froide : "Plus de 2900 euros pour un 2 pièces et même pas un truc de fou !" Selon elle, "les jeunes vont en périphérie de Tel-Aviv, par exemple à Holon, Rishon Letzion ou Petah Tikva" qui sont des villes plus accessibles. Aujourd'hui, Vanessa a trouvé refuge à Bat Yam où on peut trouver "un 4 pièces pour 2000, 2300 euros".
Désormais dans la trentaine, Vanessa doit donc "vivre en collocation" pour s'en sortir financièrement mais elle ne compte pas faire en sorte que cette situation s'étire trop longtemps. "Il a fallu que je me reconvertisse le temps de suffisamment bien parler la langue pour pouvoir pratiquer mon métier", a-t-elle expliqué, travaillant actuellement dans un bar alors qu'elle exerçait comme nutritionniste en France. Avec son statut de nouvelle immigrante, elle pouvait par ailleurs avoir droit à 500 heures de cours d'hébreu gratuits.
Si Vanessa connaît de nombreuses difficultés au quotidien, elle est prête à accepter ces épreuves en échange d'une certaine qualité de vie qu'elle peut trouver là-bas. "Je me sens plus en sécurité et plus libre d'être moi-même. La société israélienne est globalement très ouverte d'esprit et très franche, donc cela me correspond. Et puis, il y a du soleil presque 365 jours par an !", a-t-elle lâché.
Comme le souligne aussi le cabinet d'expertise comptable Dray & Dray, "le gouvernement israélien a annoncé une réforme fiscale majeure pour encourager l'alya et le retour des Israéliens de l'étranger" via un dispositif d'exonération fiscale sur les revenus de source israélienne. "Concrètement, un Oleh hadash (nouvel immigrant) arrivant en 2026 peut se retrouver avec zéro impôt à la fois sur ses revenus étrangers et sur ses revenus israéliens pendant les cinq premières années." Un projet de vie qui demande de bien prendre le temps de peser les pour et les contre.