C'est une routine bien connue de millions de travailleurs depuis des décennies : lorsque les entretiens annuels approchent, on a tous tendance à systématiquement demander une augmentation salariale au manager. En ces temps difficiles, 100 ou 200 euros bruts de plus chaque mois, ça reste toujours bon à prendre ! Mais il s'agit là d'une vision court-termiste. Pour vraiment se constituer un patrimoine, il y a une autre stratégie à adopter (quand c'est possible)...

Dylan Taylor, fondateur de l'entreprise américaine Voyager Technologies, spécialisée dans les technologies de défense, a évoqué avec le magazine Fortune la bonne manière de s'enrichir plus intelligemment, lui qui est devenu millionnaire à 27 ans et est désormais milliardaire. Son conseil porte sur la discussion à mener quant au niveau global de rémunération : plutôt que de négocier uniquement une augmentation de salaire, Dylan Taylor recommande, lorsque l'entreprise le permet, de demander des parts de la société.

L'idée n'est évidemment pas de refuser 300 euros d'augmentation alors qu'on termine chaque mois dans le rouge. Il parle plutôt des salariés qui travaillent dans une entreprise capable de les associer à son capital. "Il y a deux façons de gagner de l'argent : le revenu et les parts de l'entreprise", explique-t-il à Fortune. Selon lui, mieux vaut chercher à obtenir davantage de capital, car "c'est vraiment ce qui se cumule au fil du temps".

Dylan Taylor estime que même un jeune employé devrait avoir cette démarche. À ses yeux, la question envoie aussi un message intéressant à l'employeur, qui pense systématiquement business et rentabilité : un salarié qui veut être associé au capital devrait logiquement rester longtemps dans l'entreprise et se démener comme un diable pour participer à la création de valeur. "Cela change complètement l'image que les gens ont de vous", estime-t-il. "C'est comme si vous étiez quelqu'un qui se concentre sur la création de valeur. Je pense que c'est un bon signal."

En France, cela peut notamment passer par des actions gratuites ou, dans certaines jeunes entreprises, par des BSPCE, soit des bons de souscription de parts de créateur d'entreprise. Ils permettent au salarié de profiter d'une éventuelle hausse de la valeur de l'entreprise. En revanche, si l'entreprise ne décolle pas, les titres peuvent rapporter beaucoup moins qu'espéré, voire perdre toute leur valeur.

Et si l'entreprise ne permet pas d'être associé au capital, vous pouvez toutefois demander des primes comme un variable, qui devient un bon complément de salaire qui s'ajoute au salaire de base fixe lorsque celui-ci n'est pas négociable ou très peu.