En Islande, rencontre avec trois femmes inspirantes

Le monde est peuplé de femmes inspirantes. Nous sommes allées en Islande à l'initiative de la compagnie WOW Air pour rencontrer trois d'entre elles. Femme politique, artiste et styliste, trois figures talentueuses au parcours exceptionnel. Rencontres.

En Islande, rencontre avec trois femmes inspirantes
© Anastasia Nelen

Áslaug Arna Sigurbjörnsdóttir, plus jeune membre du Parlement islandais

À 28 ans, la jeune femme a déjà une belle carrière politique derrière elle. Troisième membre le plus important du très conservateur Parti de l'Indépendance, elle rêve d'une vie meilleure pour ses concitoyens.

Aslaug Arna Sigurbjornsdottir © Promote Iceland

Cheveux blonds, regard azur et sourire charmant, Aslaug Arna Sigurbjörnsdottir est une femme convaincante. À seulement 28 ans, la plus jeune membre du Parlement islandais a déjà une belle carrière politique derrière elle. Secrétaire du conservateur et très libéral Parti de l'Indépendance (Sjálfstæðisflokkur) depuis 2015, présidente de la Commission des Affaires étrangères depuis 2017 et présidente de la délégation islandaise auprès de l'Union parlementaire (UIP), elle ne compte pas s'arrêter là ! D'ailleurs, elle partage d'emblée : "Les femmes n'ont pas peur de se battre pour leurs droits, elles ont beaucoup d'ambition". Elle, elle rêve de devenir présidente de son pays, comme avant elle Vigdís Finnbogadóttir, présidente de l'Islande de 1989 à 1996, première femme au monde élue au suffrage universel direct à la tête d'un État. Excusez du peu…

Une femme de concertation

Troisième personnage le plus important de sa famille politique, Aslaug Arna Sigurbjörnsdottir s'investit dès 2015 dans le Parti de l'Indépendance islandais, alors qu'elle étudie le droit. Mais si elle s'engage tôt en politique, la jeune femme connaît aussi la "vraie" vie. Pendant ses études, elle œuvre comme journaliste pendant deux ans, puis comme officier de police (et oui !), comme juriste puis comme pêcheur (et oui, bis !). Son ambition pour l'Islande ? "J'aimerais que les Islandais aient une vie plus simple, qu'ils aient plus de libertés pour réaliser leurs rêves. Tout ne peut pas être légiféré, ce n'est pas mon style."  Son truc à elle, c'est la concertation, et il en faut pour travailler depuis le 11 janvier 2017 dans un gouvernement de coalition avec le parti pro-européen Avenir Radieux (Björt framtíð) et le parti de centre droit Renaissance (Viðreisn).

Ouverture et pragmatisme

"Je me suis toujours intéressée aux sujets de société. Et je considère que l'on peut faire mieux pour l'Islande, notamment en matière de création d'entreprise et d'éducation", partage-t-elle. On lui doit aussi une loi sur l'ordre d'injonction d'éloignement pour protéger les personnes victimes de violence domestique ou la baisse des taxes pour l'achat d'un appartement. Si elle admet qu'il n'est pas toujours facile de faire entendre sa voix en tant que femme – "Parfois, on doit parler plus fort que les hommes, mais la politique, ce n'est pas forcément une bagarre !" –, elle ajoute d'une voix ferme : "les femmes travaillent plus facilement avec des personnes d'horizons différents, elles sont plus pragmatiques". La juriste n'imaginait pas faire une carrière politique. Pas si tôt, en tout cas. "Entrer en politique, être un personnage public, ça change votre vie, surtout dans un petit pays comme l'Islande. C'est très intéressant, je côtoie des gens extrêmement différents, mais je ne peux pas me conduire comme une jeune fille ordinaire de 28 ans. "Ça tombe bien, Aslaug Arna Sigurbjörnsdottir est vraiment une femme extraordinaire.

Salka Sól, chanteuse, comédienne et féministe islandaise

C'est épidermique, le sexisme, elle ne supporte pas. D'abord connue pour ses raps hyper sexy, l'artiste devenue jury pour l'émission The Voice Islande continue de dénoncer le machisme ambiant. C'est plus fort qu'elle…

Qu'elle interprète en anglais du Janis Joplin, du Billy Joel ou du Paul Simon, ou chante du rap ou du reggae en islandais (et oui, tout existe), sa voix puissante ne laisse jamais indifférent. Ne vous fiez pas à son joli minois et à son sourire ensorceleur : la chanteuse et comédienne islandaise Salka Sol est une forte femme. Dans son pays, si elle est réputée pour ses talents artistiques, on connaît aussi ses engagements féministes. Dès ses débuts, en 2012, elle choque l'opinion public par des textes de rap où elle ose parler crûment de sexe et de désir. "Le public n'était pas habitué à entendre ce genre de chansons dans la bouche d'une femme. Or je suis un être sexuel, j'ai des besoins et je les assume. Et puis, sous prétexte que nous étions un groupe de femmes, on nous a taxé de féministes", s'amuse-t-elle aujourd'hui en glissant discrètement une dose de poudre de tabac sous sa gencive.

On revient de loin

"Je suis féministe mais pas revendicatrice, explique-t-elle. J'ai découvert que j'avais une voix et que je pouvais m'en servir. Quand je dénonce dans un tweet le fait que l'on me mette une main aux fesses dans un concert, on me répond : "Ailleurs, c'est pire". C'est affligeant. Moi, j'aimerais qu'ici ce soit mieux ! On revient de loin, mais ça ne veut pas dire qu'il faut s'arrêter là." Aujourd'hui, les Islandaises la remercient régulièrement de leur avoir montrer la voie. C'est que bien avant #MeToo, Salka Sol dénonce dans ses chansons mais aussi dans ses interviews ou sur les réseaux sociaux les attitudes inélégantes de certains représentants de la gente masculine.

Engagement assumé

Et ce n'est pas tout, l'artiste évoque aussi régulièrement l'absence de femmes dans l'espace public. Ainsi, grâce à elle, pour la première fois en 2017, la chanson du show télévisuel du nouvel an (Áramótaskaupið), une institution particulièrement populaire depuis son lancement en 1966, a été écrite par une femme. Il était temps ! "On me reproche régulièrement d'être partout, à la télévision, à la radio, sur scène… Mais on ne fait jamais ce reproche aux hommes, alors qu'ils sont omniprésents depuis tellement longtemps ! J'ai donc décidé d'être LA femme visible, et j'assume", explique-t-elle. En ce moment, elle interprète l'héroïne de Ronya, fille de brigand, mis en scène par Selma Björnsdóttir sur la scène du Théâtre national d'Islande, à Reyjkavik. "J'aime beaucoup ce rôle d'une femme forte et indépendante", se réjouit-elle. Chaque semaine, elle participe aussi au jury de l'émission The Voice Islande. Le reste du temps, elle relève le sexisme partout : "Pourquoi oblige-t-on les hôtesses de l'air à porter des talons hauts, par exemple ? " C'est vrai, pourquoi ?

Hildur Yeoman, styliste islandaise

Depuis 2014, ses créations font le bonheur des artistes et femmes politiques islandaises. Même Björk a craqué pour son style original ! À chaque collection, elle imagine des vêtements que toutes les femmes, rondes ou longilignes, peuvent s'approprier.

Hildur Yeoman © Promote Iceland

Vous vous souvenez de la fameuse robe lumineuse portée par Björk lors de son concert au Royal Albert Hall, à Londres, en 2016 ? Et bien c'est à Hildur Yeoman qu'on la doit ! Hyper connue en Islande, la styliste a démarré sa carrière en créant des costumes pour des spectacles artistiques. "On me demandait où on pouvait trouver mes créations, j'ai fini par lancer une première collection en 2014. Plus jeune, je me suis d'abord intéressée à l'art, mais les études étaient trop sérieuses pour moi. Alors je me suis tournée vers la mode, sans bien savoir de quoi il s'agissait…" , se souvient-elle. En quelques jours, toutes ses pièces en laine et en soie aux motifs inspirés par la nature trouvent acquéreurs.

Courbes féminines

La particularité des vêtements signés Hildur Yeoman ? Des formes qui soulignent les courbes féminines, n'excluent pas les femmes rondes et sont disponibles en XS mais aussi en XL ! "Si j'ai un conseil à donner aux jeunes stylistes, c'est de suivre leur voie, d'être eux-mêmes. Moi, je ne dis jamais aux femmes comment elles doivent s'habiller, je les regarde, je les écoute… Quand je dessine un vêtement, je pense aux courbes féminines, aux femmes fortes, à différentes formes de corps. Je viens d'avoir un enfant, j'ai pris quelques kilos, mais ça ne m'empêche pas d'avoir envie de porter de jolis vêtements" , explique-t-elle dans un sourire.

Par des femmes, pour des femmes

Hildur Yeoman ouvre sa première boutique à Reykjavik en 2017. Depuis, elle habille notamment femmes politiques et artistes islandaises qui raffolent de ses tenues élégantes, excentriques mais pas trop, fabriquées en Estonie – "il n'y a pas d'usines de confection, en Islande" – avec du tissu imprimé en Italie. On trouve aussi ses vêtements aux États-Unis et au Canada, et elle rêve du marché français. "En Islande, la mode est faîte par des femmes pour des femmes. Moi je travaille avec une équipe exclusivement féminine. Ensemble, pour chaque collection, on essaie de raconter une histoire. Pour la collection estivale, par exemple, j'ai mixé mes racines américaines avec les plages islandaises. Ça donne une trentaine de pièces au look de cowboy islandaise", décrit-elle. Dans sa jolie boutique, on trouve aussi quelques accessoires, des bijoux et des foulards aux très jolis imprimés. Son rêve ? "Habiller Beyoncé et Solange. J'adore leur style."  Nous aussi !


Merci à WOW Air, Promote Iceland, Hôtel Reykjkavik Marina et Reykjkavik Excursions pour leur collaboration.