Avortement clandestin : 7 millions de femmes risquent leur vie

Dans le monde, deux-tiers de pays n’autorisent pas l’avortement sans raison médicale, morale ou économique. Les législations de ces régions poussent beaucoup de femmes à recourir à l’avortement clandestin. Une étude réalisée par l’Institut américain Guttmacher se penche sur les conséquences de cette pratique à risques.

Avortement clandestin : 7 millions de femmes risquent leur vie
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En 2012, sept millions de femmes ont été soignées dans les pays en développement suite à des complications liées à un avortement à risque. C’est ce que révèle une étude réalisée par l’Institut américain Guttmacher, parue dans BJOG, un journal international d’obstétrique et de gynécologie. Ces interruptions de grossesse se déroulent dans de mauvaises conditions sanitaires et sont effectuées par des professionnels pas ou peu formés. Les chercheurs se sont penchés sur le cas du Burkina Faso. Dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, les femmes ne sont pas autorisées à avorter, "sauf en cas d’agression ou de souci de santé". Cette législation entraîne une recrudescence  du nombre d’interruptions volontaires de grossesses à risque. Là-bas, "des recettes de potions circulent dans la clandestinité : des mélanges de Coca-Cola, café, somnifères et autres produits… Les médecins sont difficiles à trouver", explique Idrissa Kaboré, un démographe Burkinabé au journal Le Monde.
S
i on part du côté de l’Amérique du Sud, au Brésil, la situation n’est pas plus rassurante. Dans ce pays sud-américain, l’avortement n’est autorisé que dans trois cas : les grossesses qui mettent en danger la vie de la mère, celles issues d’u viol et enfin s’il y a anencéphalie du fœtus (absence totale ou partielle du cerveau qui provoque la mort du nourrisson). Dans tous les autres cas, l’avortement est interdit et une femme qui ne respecte pas cette interdiction encourt jusqu’à cinq ans de prison. Là encore, les femmes se tournent vers la dangereuse alternative de l’avortement clandestin.

Des chiffres alarmants

Selon une étude de l’organisation Mondiale de la santé, au Brésil, une femme meurt toutes les 48 heures des suites d’un avortement à risque. Dans ce pays, en 2012, seulement 1626 interruptions de grossesse légales ont été effectuées, pour une population totale de 200 millions d’habitants. Dans le monde, 800 femmes meurent chaque jour de complications évitables liées à la grossesse et l’accouchement. Huit à 15% de ces décès sont dus à des interruptions de grossesse à risque. Ce n’est pas tout, le chiffre de 7 millions de victimes de complications suite à cette pratique clandestine pourrait être sous-estimé car 40% des femmes qui souffrent de problèmes de santé suite à un avortement clandestin n'ont pas accès aux soins et ne sont donc pas prises en compte dans cette étude.

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