Le droit à l'avortement, entravé par le syndicat des gynécologues ?

Le Syndicat National des Gynécologues Obstétriciens de France menace de cesser de pratiquer les avortements s'ils n'obtiennent pas gain de cause. L'organisation souhaite obtenir une audience avec Agnès Buzyn afin que la ministre de la Santé entende ses revendications.

Le droit à l'avortement, entravé par le syndicat des gynécologues ?
© Asawin Klabma /123rf

Le droit à l'avortement, à nouveau menacé en France ? Le Syndicat National des Gynécologues Obstétriciens de France serait prêt à lancer une grève des IVG. L'objectif ? Faire pression sur le gouvernement afin que le fonds de garantie de la profession couvre les sinistres déclarés entre 2002 et 2012, après que 15 médecins ont été condamnés pour erreur médicale. L'organisation souhaite qu'Agnès Buzyn, ministre de la Santé, les reçoive afin que le sujet soit mis sur la table.
"Préparez-vous à ce que le syndicat vous donne l'ordre d'arrêter les IVG si la ministre de la Santé refuse de nous recevoir", lit-on dans un mail de l'organisation, transmis à ses 1600 adhérents. Jean Marty, ancien président du SYNGOF, est à l'initiative de cette menace. "Notre société a un problème avec l'IVG. […] La profession, dans son écrasante majorité, trouve normal de pratiquer des IVG, mais c'est un sujet ultra sensible, donc nous voulons manipuler la menace d'une grève à l'IVG pour être entendus", a-t-il argué dans Causette.

Menace pour obtenir gain de cause ou croisade contre l'IVG ?

Des bravades qui soulèvent une vague d'indignations. Tandis que la ministre de la Santé a fustigé un chantage "inadmissible", le Conseil National de l'Ordre des Médecins a "condamné fermement, au nom de la déontologie, l'expression d'une telle menace mettant en cause les droits des femmes et portant atteinte à l'indépendance des professionnels, qu'aucun conflit avec les autorités ne saurait justifier".
Bertrand de Rochambeau, président du SYNGOF, avait suscité un tollé en septembre 2018, lorsqu'il avait déclaré que l'IVG constituait un "homicide", sur le plateau de Quotidien. Le médecin avait également souligné qu'il ne souhaitait pas pratiquer d'avortement, en prétextant qu'il n'était "pas là pour retirer des vies". Une véritable croisade contre l'avortement drapée dans de prétendues requêtes ?

Le droit à l'avortement, entravé par le syndicat des gynécologues ?
Le droit à l'avortement, entravé par le syndicat des gynécologues ?

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