François Bayrou, le feu sous la glace

François Bayrou

Ancien bègue, François Bayrou a su dominer avec succès son handicap oratoire. Il semble aujourd'hui prendre des précautions gestuelles lorsqu'il s'exprime : jamais un mouvement plus haut que l'autre, une rare participation des deux mains en simultané, une main droite prédominante, des axes de tête peu souples...


L'autre élément marquant, c'est la faible implication de ses sourcils dans ses prises de parole.
Les sourcils, appelés "les bras du visage", sont associés à toutes nos émotions primaires (joie, colère, peur, tristesse, surprise, dégoût). Ils participent de l'impact de notre communication : nous levons également les sourcils, l'un ou l'autre, selon que l'on se met à distance (sourcil gauche) ou que l'on met l'autre ou le contexte à distance (sourcil droit). On lève les deux pour attirer l'attention de l'interlocuteur sur le propos que l'on tient. Si rien ne bouge, cela conduit, à un sentiment d'inexpressivité et à un manque d'implication.


Plus surprenant encore : la rareté des clignements de paupières du Béarnais. Cette fixité oculaire exprime un retranchement dans un univers intérieur. François Bayrou se réfugie dans "sa bulle", il semble refuser l'interaction avec son interlocuteur.


L'ancien agriculteur, cavalier émérite, ne manque pourtant pas de présence, par la puissance animale de son physique, de sa mâchoire. Il apparaît comme apaisant, rassurant. Par ailleurs, sa voix a une amplitude médiane. Elle ne monte jamais dans les aigus. C'est le ton de la compétence. Une étude écossaise a montré que les femmes retenaient mieux les informations émises par des hommes au timbre grave, une modulation associée inconsciemment au "mâle reproducteur".


Aussi, lorsque le Centriste s'exprime sur des sujets qui lui sont chers, il traduit son émotion par des mains dites "en bourse" : paume levée vers le haut, doigts joints, poignets ascendants, un peu à l'italienne. Bref, sous la carapace de technocrate, bat un cœur de gentleman farmer.