Dalida mourait il y a 25 ans, sa légende demeure

Elle voulait mourir sur scène, elle a mis fin à ses jours en avalant des barbituriques, le 3 mai 1987. Toute sa vie, Dalida fut partagée entre des désirs contradictoires : des amours malheureuses, et une gloire artistique, où elle donnait le change, incarnant avec aplomb une certaine futilité, parée de paillettes. Flashback.

Figure emblématique de la Variété, star adulée, la diva qui a enregistré plus de 2 000 chansons en dix langues (dont l'hébreu et le flamand) continue d'être vénérée par un public qui vient se recueillir sur sa tombe à Paris au cimetière de Montmartre, non loin d'une place qui porte son nom. En dépression profonde après avoir traversé de nombreux drames personnels, Dalida s'est suicidée, à l'âge de 54 ans, dans l'isolement du magnifique hôtel particulier qu'elle habitait rue d'Orchampt, à Paris.

Obscur destin

Italienne d'origine calabraise, Iolanda Cristina Gigliotti naît au Caire en 1933. Son père est premier violon à l'Opéra; sa mère, couturière, élève ses 3 enfants. A l'âge de 3 ans, Iolanda est victime d'une inflammation de l'œil. Elle doit garder un bandeau pendant quarante jours. Au sortir du supplice, la gamine louche. Dans le quartier métissé de Choubra, on la surnomme "Quat'zieux".

A 21 ans, Dalida arrive à Paris avec une couronne de Miss Egypte, un "Itsi bitsi petit bikini" et un strabisme déjà opéré deux fois. Brune incendiaire à la voix suave et au déhanché sulfureux, elle est vite repérée par les manitous de l'époque : Bruno Coquatrix, le patron de l'Olympia, le producteur Eddie Barclay, et Lucien Morisse, directeur des programmes d'Europe n°1, qui en fait sa muse, l'épouse, et l'élève au rang d'icône... blonde. Une beauté aux yeux de braise, à la chevelure de soie et au charme envoûtant. 

Elle ne connaît pas les affres du showbiz... 

 "Bambino", une adaptation réalisée en 24 heures d'un succès italien du moment, est le premier d'une longue série de tubes : "Gondolier", "Come prima", "Les enfants du Pirée", "Darla Dirladada", "J'attendrai", "Paroles, paroles", "Gigi l'amoroso" (1974), "Il venait d'avoir 18 ans" (1975), "Monday, Tuesday, laissez moi danser" (1979)... Pourtant, de son Caire natal aux 140 millions de disques vendus, son parcours est chaotique. Sa vie sentimentale, surtout.

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Dalida chante à la télévision, en décembre 1985.

"Ciao amore, ciao"

L'ambitieux jeune premier Alain Delon, le sombre compositeur Luigi Tenco, le discret Christian de La Mazière, le philosophe bouddhiste Arnaud Desjardins, le président François Mitterrand (surnommé "Mimi l'Amoroso"), l'inspiré Richard Chanfray "comte de Saint-Germain", ou le médecin François Naudy... tous les hommes pour lesquels elle se passionne sont indisponibles, mariés, tourmentés, ou alors ils ne le sont pas assez, et la lassent, vite. Trois se tuent. "Je porte malheur à ceux que j'aime", déplore-t-elle.

A corps perdu

Dalida semble maudite. A chaque romance, elle souffre. Son décès survient alors qu'elle semblait toucher son but. Quelques semaines à peine auparavant, elle avait été saluée pour sa prestation dans "Le 6e jour", du réalisateur égyptien Youssef Chahine, une consécration de la part des intellectuels qui avaient toujours regardé de haut celle qui fut "Miss Ondine" en 1954.

Avis aux fans

 Le sourire de Dalida va renaître sur grand écran grâce au prochain film de Lisa Azuelos (réalisatrice et scénariste de Comme t'y es Belle, LOL, Tout ce qui Brille) et Kamir Aïnouz. Il s'agit d'un biopic sur les histoires de cœur et l'immense carrière de l'artiste. C'est l'actrice française (d'origines marocaine et arménienne), Nadia Farès, 38 ans, (vue notamment Les Démons de Jésus, Les Rivières Pourpres ou L'Ex-Femme de ma Vie) qui l'incarnera. Salma Ya Salama...

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