Charles Aznavour, "fumeur et buveur", "emmerdé", "hallucinant" : ce qu'il interdisait et ce qui a failli le tuer

Charles Aznavour ne supportait pas que ses fans le prennent en photo durant un concert... au point de recadrer son public en direct, selon Gérard Davoust et Erik Berchot, qui publient leur ouvrage Aznavour vu de dos. Les auteurs ont également révélé que le chanteur, décédé le 1er octobre 2018 à 94 ans, avait failli mourir prématurément à cause de...

Charles Aznavour, "fumeur et buveur", "emmerdé", "hallucinant" : ce qu'il interdisait et ce qui a failli le tuer
© Charles Aznavour en août 2017 à Los Angeles par Damian Dovarganes/AP/SIPA

S'il y avait bien une chose que Charles Aznavour tolérait mal de la part de son public, c'était que l'on le prenne en photo durant un concert! Au-delà de la photographie en elle-même, c'est surtout le flash qui dérangeait l'interprète de La Bohème. "Charles disait depuis fort longtemps – je n'étais encore que simple spectateur – qu'une photo prise avec un flash, c'est épouvantable. Il se montrait très virulent à ce sujet", se sont souvenus les auteurs et proches du défunt chanteur, Gérard Davoust et Erik Berchot, qui publient leur ouvrage Aznavour vu de dos. Mais pourquoi une telle peur du flash? "Cette agression ramène l'artiste dans sa réalité, c'est-à-dire qu'il se voit soudain lui-même en train de chanter", lit-on dans l'ouvrage.

Charles Aznavour, "emmerdé" par les flashes

Selon les auteurs, Charles Aznavour avait l'habitude de préciser avec bienveillance: "La photo ne me dérange pas, c'est le flash qui me gêne. Soyez gentils, prenez autant de photos que vous voulez, mais n'utilisez pas le flash".

Lors d'un concert à Lille durant sa tournée en 2011, le chanteur avait d'ailleurs été particulièrement agacé par les flashes des appareils photo et autres téléphones portables, et n'avait pas pu contenir son exaspération.

"À la fin, la salve d'applaudissements à peine éteinte, Charles s'est adressé à des spectateurs en les désignant un à un: 'Vous m'avez dérangé avec votre flash... Vous aussi...'. Et ainsi de suite. C'est-à-dire que pendant les sept minutes que dure la chanson au cours de laquelle il nous a tous submergés d'émotion, il avait été capable, en instantané, de se souvenir de l'endroit précis d'où étaient partis les flashes et de signaler qui l'avait emmerdé! C'était hallucinant", ont raconté les auteurs dans le livre.

"Cela arrivait après une succession de villes, comme à Bordeaux, où il avait dû à maintes reprises reprendre le public sur l'utilisation des flashs", ont-ils précisé.

Aznavour a failli mourir dans les années 50 : alcool et "excès"

Fait également plutôt méconnu sur le chanteur, l'interprète de Emmenez-Moi était un "gros fumeur et gros buveur". Si certains le savaient amateur de bons vins, les auteurs de Aznavour vu de dos révèlent que le chanteur a failli mourir prématurément à cause de sa consommation d'alcool

Dans les années 50, alors qu'il était âgé d'une trentaine d'années, l'ami de Liza Minnelli se trouvait au Québec et a commencé à être pris de malaises. "Inquiet, il a pris rendez-vous avec un médecin. Celui-ci l'ausculte tout en lui posant des questions", lit-on dans l'ouvrage. Lorsque le médecin lui a demandé de détailler sa consommation d'alcool, Charles Aznavour a répondu qu'il buvait "un peu de tout, mais surtout du whisky".

Le médecin lui a alors servi quelques "mignonettes" en l'avertissant d'un air grave: "Profitez-en bien, dégustez-la, parce que, si ce n'est pas la dernière que vous buvez, je ne vous donne pas plus de trois mois à vivre". Terrorisé par la macabre prédiction du toubib, l'interprète de La Mamma, qui a finalement vécu 94 ans, a décidé de ne plus boire d'alcool à cet instant et "n'a même pas voulu goûter la topette que lui proposait le praticien".

Quand Charles Aznavour a bu "la coupe de trop"

Bien plus tard, Charles Aznavour a recommencé à boire de l'alcool, mais "modérément, raisonnablement" et sans "excès"... sauf, un soir à Saint-Tropez. "La rechute avait pris la forme de bouteilles de champagne. Là, il a vraiment bu la coupe de trop. Alors qu'il avait passé la cinquantaine, il se sentait tellement euphorique qu'il s'est lancé dans une danse traditionnelle russe très acrobatique qu'il avait appris avec le fameux maître de ballet Yeltsoff quand il était adolescent." Mais tous ces pas de danse incontrôlés lui ont valu de se "bousiller un ménisque" et se faire opérer. Décidément, pour Charles Aznavour, l'ivresse était loin d'être formi-formidable!