Il y a des matières qui ne disparaissent jamais vraiment. Elles attendent patiemment dans les malles des vestiaires vintage que la mode leur fasse à nouveau les yeux doux. Cet automne, le style rétro revient sur le devant de la scène, porté par une silhouette qui traverse les décennies sans prendre une ride : celle de Françoise Hardy. Au cœur de la vague yéyé des années 1960, l’icône à la frange légendaire délaissait les froufrous des chanteuses de variétés pour imposer une allure libre et androgyne. Pour réchauffer ce style masculin-féminin, elle avait adopté une matière douce et texturée. Vous l’aurez compris, c’est le grand retour du velours ! Ce tissu doux au toucher s’impose comme l’une des grandes tendances de la saison. On revoit aussitôt la chanteuse dans ses vestes structurées à col montant, immortalisées par Jean-Marie Périer. Le velours côtelé devenait alors le symbole d’une élégance décontractée et résolument moderne.

Pourtant, bien avant de séduire la jeunesse pop, le velours a traversé les siècles et les empires. Apparu en Orient, sur les routes de la soie, perfectionné en Perse puis adopté par l’Italie de la Renaissance, ce tissu au tissage complexe fut longtemps réservé aux rois, aux cardinaux et aux cours européennes. Symbole de richesse et de pouvoir, il a ensuite changé de visage. Dans sa version côtelée, le velours s’est démocratisé avec la révolution industrielle. Solide et résistant, il habillait les ouvriers britanniques avant de devenir l’une des matières favorites des artistes et des créateurs dans les années 1960 et 1970.

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Sur les podiums de la saison, le velours fait son grand retour. Il capte la lumière, donne de la profondeur aux couleurs et apporte immédiatement de la douceur à une silhouette. Décliné en tailleur aux lignes nettes chez Calvin Klein ou en robe sculpturale chez Alaïa, il montre qu’il sait s’adapter à tous les styles. Loin des défilés, la veste en velours a aussi trouvé de nouvelles adeptes. D’un côté, Kate Middleton, qui en fait une pièce phare de son vestiaire élégant, notamment dans des tons vert émeraude ou bleu nuit. De l’autre, Clara Luciani, digne héritière du style de Françoise Hardy, qui a adopté le velours pour ses tenues de scène rétro et flamboyantes, dans un style très seventies.

Pour adopter la tendance aujourd’hui sans donner l’impression de porter un costume d’époque, tout est une question de contraste. Le pantalon large en velours côtelé se choisit taille haute et s’associe à un pull fin en cachemire gris ou à un simple t-shirt blanc avec des mocassins à semelles épaisses. Le soir, le blazer masculin en velours lisse se porte à même la peau ou sur une robe nuisette fluide en soie. Le contraste entre la richesse du tissu et la simplicité des coupes fait toute la différence. Une manière de retrouver l’élégance naturelle de Françoise Hardy : porter le velours avec autant de facilité qu’un jean.