Deux chemises à 30 euros, une même couleur, une coupe assez proche et pourtant, une fois essayées, l'une paraît tout de suite plus chère que l'autre. Nul besoin d'avoir l'œil d'une styliste pour le remarquer, mais comprendre pourquoi est déjà moins évident. D'ailleurs, le prix n'aide pas beaucoup : une pièce plus chère n'est pas automatiquement mieux réussie et certaines trouvailles chez Zara, H&M, Leclerc ou Carrefour peuvent très bien faire illusion.

Astrid Carter en sait quelque chose. Rédactrice mode et lifestyle pour The Handbook, elle travaille dans la mode depuis deux décennies et a détaillé en février 2026 les critères qu'elle utilise pour acheter des pièces bon marché qui paraissent luxueuses. Première astuce : elle conseille de regarder le prêt-à-porter comme on regarderait une pièce de créateur : en étant franchement difficile. Son principe est assez parlant : "Chaque vêtement que vous achetez doit être un investissement pour votre propre garde-robe", confie-t-elle au média britannique.

Et pour savoir si une pièce a l'air de valoir deux fois son prix, elle ne se contente pas de la regarder de face. Astrid Carter inspecte les petits détails et l'intérieur du vêtement : la doublure, les boutons, les éléments métalliques et, plus largement, la façon dont la pièce est construite. Une doublure bien posée, des finitions propres ou des boutons qui ne donnent pas immédiatement envie de sortir la boîte à couture peuvent faire monter un vêtement de plusieurs crans visuellement. Elle en donne elle-même un exemple avec un chemisier H&M : "Honnêtement, je pense qu'il pourrait passer pour une pièce de créateur s'il était bien porté."

Et cela fonctionne aussi bien en grande surface, comme Leclerc, Intermarché, Carrefour ou encore Auchan. Plutôt que de s'arrêter au prix ou à l'allure générale du vêtement, mieux vaut prendre quelques secondes pour le retourner. Sur une veste ou un manteau, on vérifie si la doublure est bien fixée et ne tire pas au niveau des coutures. Sur une chemise ou un gilet, on regarde les boutons : leur matière, leur épaisseur, mais aussi la façon dont ils sont cousus. Même réflexe pour les fermetures éclair et les pièces métalliques, qui peuvent vite donner une impression bon marché lorsqu'elles sont trop légères ou très brillantes. En clair, les indices les plus intéressants ne sont pas toujours ceux que l'on voit sur le cintre.

Évidemment, il faut que le tissu suive. Elle recommande notamment de privilégier le coton, la popeline, la laine ou la soie. Les mélanges ne sont pas bannis pour autant : elle cite certains mélanges de cachemire et de mohair. En revanche, elle se méfie des tissus majoritairement composés d'un polyester rêche. C'est d'autant plus important pour les achats en ligne. Il faut toujours vérifier la composition avant de cliquer sur "ajouter au panier".