Un mercredi par-ci, une soirée par là, quelques jours pendant les vacances… Au départ, garder ses petits-enfants est un vrai plaisir. Et puis, il faut aller les chercher à l'école, préparer les repas, gérer les activités et parfois annuler ses propres projets. Résultat, certains grands-parents ont un emploi du temps plus chargé qu'avant leur retraite. Et le plus compliqué, finalement, c'est d'oser dire stop.
Françoise, 66 ans, pourrait bien se reconnaître dans cette situation. Elle garde ses deux petits-enfants trois jours par semaine, au point d'organiser tous ses rendez-vous autour d'eux. "Au début, c'était pour dépanner ma fille le mercredi. Maintenant, elle me les laisse aussi quand la nounou est malade ou qu'elle termine tard. Je n'ose plus rien prévoir !", confie-t-elle au Journal des Femmes. Même dilemme pour Monique, 71 ans, dont les enfants lui confient régulièrement les petits pendant trois semaines en août. "J'adore mes petits-enfants, mais j'ai déjà élevé les miens. J'aimerais aussi profiter un peu de mon mari", nous raconte-t-elle.
Et Monique et Françoise ne sont pas les seules à considérer que la garde des petits-enfants demande "beaucoup d'efforts". Joshua Coleman, psychologue spécialiste des relations familiales, rapporte au HuffPost entendre régulièrement des grands-parents lui dire : "Je pensais devenir grand-parent, pas reprendre un autre travail !". Selon lui, certains ont tellement peur de contrarier leurs enfants qu'ils préfèrent ne pas leur dire que la charge est trop importante. "Ils refoulent souvent leurs sentiments par crainte que se plaindre ne nuise à leur relation", explique-t-il. Cette fatigue, DeeDee Moore la connaît bien. À 62 ans, elle raconte avoir passé cinq semaines chez son fils pour s'occuper de ses trois petits-enfants, âgés de 4, 6 et 8 ans. "Je suis en excellente forme physique, mais c'était un rythme effréné, sans aucun répit", se souvient-elle. Entre les repas, la vaisselle et les trajets, elle n'avait pas une minute pour souffler. "Je dois avouer que j'ai été surprise de voir à quel point c'était difficile." Au bout de quatre jours, elle a fini par appeler son mari : "Viens m'aider, s'il te plaît." Sa conclusion ? "Il est beaucoup plus difficile de s'occuper de jeunes enfants quand on a la soixantaine que quand on a la quarantaine."
Mais la fatigue n'est pas le seul problème. Toujours dans le HuffPost, Denise Gorant Gliwa, 69 ans, raconte avoir été incapable de déplier la poussette de son petit-fils de quatre mois sur un parking. "J'ai finalement mis le bébé sous un bras et traîné la poussette inutile derrière moi, en espérant tomber sur une maman qui pourrait m'aider", déplore-t-elle. Elle rappelle aussi une réalité que les parents oublient parfois : "Même si nous sommes très actifs et paraissons jeunes, nous restons âgés et devons prendre soin de notre corps et de notre santé."
Alors, comment éviter que le dépannage ne devienne une obligation ? Pour Joshua Coleman, "la plus grande erreur est de croire que, parce qu'on est de la même famille, on ne doit pas négocier". Il conseille de fixer dès le départ les jours de garde, les horaires, les vacances et les solutions prévues lorsque les grands-parents ne sont pas disponibles. Une façon de continuer à profiter des petits-enfants sans devenir leur nounou attitrée. Après tout, une grand-mère a aussi le droit d'avoir un programme le mercredi.