Un virement de quelques centaines ou de plusieurs milliers d'euros peut-il encore arriver sur le compte de certains retraités cette année ? Oui, et il ne s'agit ni d'une nouvelle aide ni d'une prime exceptionnelle. L'Agirc-Arrco, qui gère la retraite complémentaire des salariés du privé, s'est aperçu que de l'argent n'avait pas été versé à des personnes qui y avaient pourtant droit. Près de 100 000 dossiers ont été repérés et doivent être examinés. Avec, à la clé, des rattrapages qui peuvent sérieusement peser dans le budget.
L'affaire représente en effet beaucoup plus que quelques dizaines d'euros oubliés ici ou là. Une note interne de l'Agirc-Arrco révélée fin 2025 évaluait à environ 850 millions d'euros le montant susceptible d'être reversé au total. Rapporté au nombre de dossiers concernés, cela représente autour de 8 700 euros en moyenne, même si chacun ne touchera évidemment pas cette somme. Tout dépend de ce qui manque sur le dossier et, surtout, depuis combien de temps. Un retraité peut ainsi avoir quelques mensualités à récupérer, quand un autre traîne le problème depuis bien plus longtemps. Une partie des dossiers a déjà été corrigée, mais le travail doit se poursuivre jusqu'à la fin de l'année 2026. Il reste donc tout à fait possible d'être concerné sans avoir encore reçu son argent.
L'erreur recherchée par l'Agirc-Arrco concerne principalement des pensions qui ont été suspendues alors qu'elles auraient dû continuer à être versées. Plusieurs situations peuvent l'expliquer. Des retraités vivant à l'étranger ont notamment pu voir leur pension interrompue faute de certificat de vie reçu ou correctement enregistré. Des personnes touchant une pension de réversion ont également pu être concernées lorsqu'un justificatif de non-remariage manquait. Dans certains dossiers, l'assuré a même pu être considéré à tort comme décédé. Ce n'est donc pas réellement le nombre de points de retraite qui a été mal calculé : le problème vient surtout de versements stoppés ou minorés à la suite de contrôles et d'échanges administratifs qui n'ont pas abouti correctement. Lorsque le retraité était toujours en droit de toucher cette pension, les mensualités manquantes ont pu s'accumuler, ce qui explique pourquoi le rattrapage atteint parfois plusieurs milliers d'euros.
Concrètement, les retraités du privé peuvent déjà faire quelques vérifications de leur côté. Le plus important est de reprendre l'historique des paiements de la retraite complémentaire, disponible depuis l'espace personnel Agirc-Arrco, et de regarder si les versements ont été réguliers. Une baisse inexpliquée, un mois sans paiement ou une pension qui a complètement cessé d'arriver doivent attirer l'attention. Il faut également vérifier que l'organisme possède toujours la bonne adresse, les bonnes coordonnées bancaires et les documents éventuellement demandés. C'est particulièrement important après un déménagement ou pour une personne qui vit à l'étranger. En cas de doute, mieux vaut contacter directement l'Agirc-Arrco avec son numéro de Sécurité sociale et demander une vérification de sa situation.
À noter qu'un paiement interrompu depuis un certain temps n'est pas forcément de l'argent perdu. L'Agirc-Arrco a indiqué que, pour les retraités concernés toujours en vie, les droits seraient rétablis et les sommes dues régularisées sans que la prescription leur soit opposée. Les règles peuvent en revanche différer lorsqu'il s'agit des héritiers d'un retraité décédé. À quelques mois de la fin de l'opération annoncée pour 2026, ceux qui ont connu une interruption ou une baisse inexpliquée de leur complémentaire ont donc tout intérêt à ressortir leurs anciens relevés : dans ce cas précis, quelques minutes passées à vérifier les virements peuvent déboucher sur une régularisation nettement plus intéressante qu'un simple oubli de quelques euros.