FRIDA VIVA LA VIDA : 5 bonnes raisons de se faire une toile

"FRIDA VIVA LA VIDA : 5 bonnes raisons de se faire une toile"

Avec "Frida Viva la Vida", Giovanni Troilo peint un tableau riche et poétique autour de la vie et de l'art de Frida Kahlo. On vous dit pourquoi il faut absolument aller le découvrir en salles, dès ce 24 novembre.

Frida Viva la Vida : la femme face à l'artiste

Pour mieux décortiquer Frida Kahlo, Giovanni Troilo a fait le choix de la scinder en deux personnages distincts, un peu à la manière de l'artiste dans son tableau Les Deux Fridas. Le réalisateur met ainsi en scène des représentations oniriques de la Mexicaine, représentant sa part intime et sa vision artistique, les deux étant évidemment liées. Cette décision imaginative, qui peut troubler pour un documentaire, permet de comprendre comment l'une et l'autre se sont nourries, comment l'expression artistique de la peintre a permis à l'être physiquement brisé de supporter les douleurs. Alors qu'elle est souvent perçue comme tourmentée, Frida Kahlo apparaît ici comme une femme joyeuse, légère, épicurienne, amoureuse, libre. Un peu comme si ses œuvres lui permettaient d'exprimer ses souffrances pour mieux s'en détourner dans sa vie personnelle.

Asia Argento, narratrice sérieuse

Qui de plus appropriée qu'Asia Argento pour narrer la vie de Frida Kahlo ? L'actrice-réalisatrice-chanteuse engagée et rebelle prête son image aux écrits de l'artiste Mexicaine. Alors que le film est organisé en chapitres sur les grandes lignes de son existence et de son travail, l'Italienne vient ponctuer le documentaire pour donner voix aux correspondances et donc aux pensées de l'artiste. Elle apparaît, regard perçant sur fond rouge, pour réciter les mots que la peintre aimait tant manier. "Je ne sais pas combien d'autres artistes peuvent s'identifier à Frida Kahlo et surtout à sa souffrance, au fait qu'elle était dévouée, à la fois comprise et incomprise durant sa carrière. Je me sentais les épaules pour raconter son histoire", explique Asia Argento.

Son art mis à nu

La vie de Frida Kahlo est pleine de rebondissements. Sa santé fragile, son accident, ses amputations, ses dernières années alitée... Ses amours tumultueuses avec Diego Rivera, son aventure avec Léon Trotski et des amantes telles que Joséphine Baker... Ses idées communistes et anticapitalistes, renforcées par son aversion pour les Etats-Unis face à son amour pour le Mexique... Il est tentant de se concentrer principalement sur cette partie biographique, quitte à survoler furtivement son art. Giovanni Troilo a réussi à mêler brillamment les deux. Si Frida Viva la Vida se penche évidemment sur sa famille, son accident, ses amours et sa vision politique et sociale, il prend également le temps d'analyser son œuvre et de décrypter plusieurs de ses tableaux phares, son rapport à l'autoportrait et à l'art précolombien, histoire de comprendre ce qui fait d'elle une artiste immense, libre, intemporelle.

Frida Viva la Vida : des intervenants de choix

Onirique à certains endroits, le film renoue avec le réel au moment de documenter la vie de Frida Kahlo. Au-delà des archives, Giovanni Troilo est allé demander leur analyse à des experts de Frida Kahlo, qu'il est passionnant d'écouter. Hilda Trujilo, directrice de la Caza Azul, décrypte la vie de la Mexicaine mieux que quiconque, quand la photographe Graciela Iturbide raconte sa découverte des objets personnels de Frida au moment où les pièces qui les recelaient ont été ouvertes en 2004. Des spécialistes en art latino-américain donnent leur regard sur les tableaux de Kahlo et offrent une vision éclairante sur ses inspirations.

Visite privée de la Casa Azul

Frida Viva la Vida pénètre au cœur de la vie de Frida Kahlo, derrière les portes de la Casa Azul. Cette maison bleue, située à Coyoacan, est la demeure familiale de Frida, là où elle est née et où elle a vécu une grande partie de sa vie. Le documentaire y pousse les portes, accompagné par sa directrice Hilda Trujilo, afin d'imprégner le spectateur de l'environnement dans lequel la Mexicaine s'est construite et a œuvré. On y voit le lit dans lequel elle a commencé la peinture, et on saisit son amour des couleurs et des bijoux imposants quand ses collections sont révélées. Une immersion totale.