A GOOD MAN : 6 bonnes raisons d'aimer fort ce film

"A GOOD MAN : 6 bonnes raisons d'aimer fort ce film"

Avec "A Good Man", au cinéma le 10 novembre, Marie-Castille Mention-Schaar filme la grossesse d'un homme trans et les doutes d'un couple confronté à des décisions importantes. Un film puissant sur l'amour, la parentalité et le regard de la société sur les transidentités. A voir absolument.

A Good Man : l'amour au-delà du genre

Benjamin et Aude sont un couple de trentenaires épanouis installés sur l'île de Groix, en Bretagne, où ils mènent une vie paisible. Leur plus grand souhait serait de devenir parents, mais Aude s'avère stérile. Benjamin, homme trans, fait le choix d'assumer la grossesse tant qu'il n'a pas achevé sa transition médicale. Plus amoureux que jamais, le duo va se heurter aux difficultés que rencontrent tous les futurs parents : les chamboulements corporels, hormonaux et organisationnels ou encore la place que chacun va devoir trouver dans cette nouvelle vie qui s'annonce. Pour Benjamin et Aude, d'autres étapes propres à leur situation hors du commun s'ajoutent au tableau : le recours à une PMA à l'étranger (en France, la PMA n'est pas accessible aux hommes trans ayant changé d'état civil), la filiation de leur enfant et le regard des proches sur cette décision. A Good Man parvient à parler d'amour, du couple et des bouleversements de la parentalité avec une sensibilité stupéfiante.

Noémie Merlant, actrice capable de tout

Si le choix de Noémie Merlant pour incarner un homme trans fait débat, la comédienne montre l'ampleur de son talent avec ce personnage puissant dans ses désirs et ses affirmations. Sans jamais donner dans la caricature, l'actrice donne à Benjamin une profondeur, une justesse, une force de caractère impressionnantes. Avec son interprétation de ce jeune homme bien dans sa peau et décidé à porter un enfant, Noémie Merlant délivre un message de tolérance et offre une représentation de la transparentalité inédite au cinéma français.

Soko signe son retour, plus engagée que jamais

La chanteuse et comédienne épouse à merveille le rôle d'Aude, cette fille pleine de vie, fragilisée par son impossibilité de tomber enceinte. Si le personnage est passionnant à voir évoluer, Soko est aussi géniale à retrouver au cinéma. Devenue maman en 2018, l'artiste avait pris une pause pour profiter pleinement de ce nouveau rôle. Après un retour en musique avec son nouvel album Feel Feelings en 2020, Soko renoue avec son amour du cinéma et des personnages forts sur les représentations queer dans A Good Man. Un bonheur.

Jonas Ben Ahmed, du petit au grand écran

La révélation de Plus Belle la Vie continue son chemin de comédien avec un petit rôle dans A Good Man, le premier pas vers une carrière d'acteur qu'on lui souhaite très fournie. Celui qui incarnait Dimitri dans la série à succès de France 3 ne joue pas d'homme trans ici, mais un homme cis... et c'est la première fois qu'une personne trans accède à un tel personnage dans le 7e Art français. Marie-Castille Mention-Schaar mise sur ce jeune talent puisqu'elle lui a également confié le rôle d'un flutiste dans sa prochaine réalisation, Divertimento. On a hâte d'en voir plus.

A Good Man : des personnages secondaires qui en disent long

Si le film ne tourne pas autour de la transidentité de Benjamin, il parvient à aborder le sujet à travers les personnages secondaires. Alors que Benjamin est heureux, sûr de lui et de ses choix, ce sont ses proches qui le remettent en cause, allant parfois jusqu'à questionner son identité de genre. La mère qui refuse la transidentité (Anne Loiret), le frère compréhensif mais qui atteint ses limites (Vincent Dedienne) et le meilleur ami qui se sent trahi (Gabriel Almaer) sont autant de représentations des jugements que peuvent subir les personnes trans. La nécessité de faire changer les regards pour banaliser leurs vécus apparaît d'autant plus flagrante.

Noémie Merlant et Gabriel Almaer dans "A Good Man" © Pyramide Distribution

Marie-Castille Mention-Schaar, toujours juste

La réalisatrice de Le Ciel AttendraLes Héritiers et La Fête des mères signe un film d'amour porté par un couple de personnages queer loin des stéréotypes. Avec A Good Man, la cinéaste traite de la transparentalité pour la première fois au cinéma français et met en scène des rôles indispensables pour une meilleure visibilité des LGBTQIA+ avec beaucoup de pudeur. Afin de parvenir à un tel résultat, la cinéaste s'est entourée de deux hommes trans pour l'écriture du scénario. Pas de voyeurisme ou de traits forcés ici, mais un véritable propos sur l'amour plus fort que tout et la quête de droits fondamentaux pour les personnes trans. Une vraie réussite.