3 bonnes raisons de voir RÊVES DE JEUNESSE en salles

Au cinéma dès le 31 juillet, "Rêves de Jeunesse" d'Alain Raoust permet à la comédienne Salomé Richard, le temps d'un vibrant portrait de (jeune) femme, de révéler un talent grandissant. Un très beau film, touchant et vivant.

3 bonnes raisons de voir RÊVES DE JEUNESSE en salles
© Shellac Distribution

La canicule continue de souffler son haleine chaude dans la fiction. Il n'y a qu'à voir la place qu'elle prend dans Rêves de Jeunesse, le nouveau film d'Alain Raoust (L'Eté Indien, La Cage, La Vie Sauve). Sous un cagnard infernal, on y suit une jeune héroïne, incarnée par Salomé Richard, qui décroche un job d'été dans la déchetterie d'un village. Un lieu atypique, quasiment hors du réel, qui se révèle totalement propice à l'éveil de la rebelle sommeillant en elle. Le Journal des Femmes vous donne trois bonnes raisons de succomber au coup de chaud. 

Pour Salomé Richard
Elle est de tous les plans et irradie l'écran autant que le soleil qui l'inonde de sa lumière. Diplômée du Conservatoire de Mons en Art Dramatique, l'actrice belge Salomé Richard, 32 ans, monte en puissance avec ce rôle de taiseuse palpitante, un peu plus de trois ans après avoir été remarquée dans Baden Baden de Rachel Lang, oeuvre atypique pour laquelle elle avait reçu le Magritte du Meilleur Espoir Féminin (équivalent belge de nos César). Dans Rêves de Jeunesse, son personnage s'appelle aussi… Salomé. Emmurée dans un silence opaque, comme cloîtrée à l'intérieur d'elle-même, à des kilomètres de ses aspirations et de ses ambitions, elle va graduellement s'ouvrir sous le regard d'Alain Raoust pour libérer la fougue d'une jeunesse qui ne demande qu'à éclore. Elle porte sur ses traits et son timbre ce mariage de force et de fragilité propre aux thématiques traversées.

Pour l'ode à la jeunesse
Au cinéma, c'est toujours beau les réveils. Le sien, Salomé le doit à une petite meute de personnages secondaires, tous aussi humains et attachants les uns que les autres. Il y a surtout Jessica -formidable Estelle Meyer-, candidate d'une télé-réalité paumée qui tombe sur l'héroïne comme un astéroïde dans un désert. Pétulante, vivante, dépressive, nerveuse : elle est une boule de mélancolie, mais aussi d'énergie. Un feu sacré qu'elle va transmettre à Salomé, comme le feront également les autres âmes esseulées du film, pour accélérer son élan et la propulser vers ses envies. Portrait sensible d'une jeune femme qui ouvre les yeux et les sens, acceptant l'ivresse et n'ayant plus peur d'elle-même, Rêves de Jeunesse est vraiment transcendé par ses égarés magnifiques, par ses solitudes qui s'agrègent et tanguent en formant, tous ensemble, une sorte de Radeau de la Méduse sur lequel on prend le large. Vers de nouvelles terres. 

Pour son décor 
Cette première réalisation d'Alain Raoust, qui avait fait l'ouverture en mai dernier de l'ACID lors du Festival de Cannes, marque surtout les esprits par son décor, qui, au bout du compte, finit par devenir un personnage à part entière. Une déchèterie pareille à un village abandonné de western, où la rocaille hurle sa douleur sous les rayons agressifs du soleil. Le cinéaste exploite les lieux pour en faire une sorte de métaphore, un endroit où les possibles se réalisent peut-être, où les laissés-pour-compte et les abîmés pleurent leurs douleurs et chantent leurs espoirs dans un même geste empli de poésie. Raoust s'attarde sur les visages, figure les tragédies, saisit les joies. Toujours dans une sensorialité totale, quand le vent se lève et soulève les héros ou quand la moiteur les immobilise. Là, au coeur de paysages sauvages, la politique s'invite aussi avec la naissance d'un nouveau monde, d'une société alternative en gestation portant dans son ventre les rêves de jeunesse.   

3 bonnes raisons de voir RÊVES DE JEUNESSE en salles
3 bonnes raisons de voir RÊVES DE JEUNESSE en salles

La canicule continue de souffler son haleine chaude dans la fiction. Il n'y a qu'à voir la place qu'elle prend dans Rêves de Jeunesse , le nouveau film d'Alain Raoust (L'Eté Indien, La Cage, La Vie Sauve ). Sous un cagnard...