Malgré toute la pluie tombée, ces 2 régions françaises manquent encore d'eau : le risque de sécheresse est élevé
Après des trombes d'eau et des jardins détrempés cet hiver, certaines nappes phréatiques françaises restent en déficit. Deux zones risquent particulièrement la sécheresse.
Après des semaines de pluie presque ininterrompue, beaucoup pensaient que la France avait enfin fait le plein d'eau avant l'arrivée du printemps. Les crues, les sols gorgés d'eau et les jardins détrempés donnaient cette impression. Pourtant, derrière cette apparente abondance, les spécialistes tirent la sonnette d'alarme : certaines nappes phréatiques n'ont toujours pas retrouvé un niveau normal.
Selon le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), les fortes pluies de février ont bien aidé à reconstituer les réserves dans de nombreuses régions, une situation globalement bien meilleure qu'en mars 2025 après un hiver sec, mais pas partout. La raison ? Le déficit pluviométrique enregistré en novembre et décembre a laissé une dette hydrique que les intempéries hivernales n'ont pas totalement comblée. Et à mesure que le printemps s'installe, avec une végétation déjà en avance cette année, l'eau de pluie profite davantage aux plantes qu'aux nappes.
C'est notamment le cas dans le Grand Est, où deux zones critiques se distinguent : la Lorraine et les Ardennes, avec des nappes restées modérément basses début mars selon le BRGM. Les départements de Meurthe-et-Moselle, Vosges, Meuse, Moselle en Lorraine, et les Ardennes affichent des niveaux encore déficitaires. Ici, les grès vosgiens lents à réagir et les nappes calcaires ardennaises sensibles retiennent difficilement l'eau en profondeur. Cette situation est d'autant plus préoccupante que l'an dernier, à la même période, les niveaux étaient plus favorables malgré un hiver moins pluvieux.
Les experts du BRGM estiment que, sauf pluies prolongées au printemps, la tendance pourrait rapidement s'inverser. Avec le retour des beaux jours et la reprise de la transpiration des plantes, les besoins en eau vont exploser. Si la situation perdure, les autorités pourraient être contraintes de relancer les premières restrictions dès juin. Pour les jardiniers, cela signifie qu'il faudra continuer de penser à l'économie d'eau, même après un hiver apparemment humide.
Avant que les sols ne se dessèchent, c'est le moment idéal pour pailler les massifs, récupérer l'eau de pluie et privilégier les plantes peu gourmandes, comme les lavandes, santolines ou sedums. Ces gestes simples peuvent aider à passer l'été sans stress hydrique. Car malgré les apparences, la France ne peut pas encore ranger la menace de sécheresse au rang des mauvais souvenirs.