Ce ver invasif colonise les jardins français à vitesse grand V : c'est de cette manière qu'il arrive chez vous
Un ver invasif gagne du terrain dans les jardins français. Discret mais tenace, il s'installe durablement et inquiète les spécialistes de la biodiversité.
Un ver discret progresse dans les jardins français. Il ne vole pas, ne saute pas mais il rampe lentement au ras du sol et gagne du terrain sur le territoire. Les spécialistes des espèces invasives le surveillent de près et en savent désormais plus sur la façon dont il arrive chez vous.
Comme beaucoup d'espèces exotiques, ce ver plat est arrivé par les circuits classiques du commerce horticole : plantes importées, mottes de terre déplacées, puis il s'est installé dans des jardins privés. Jusque-là, rien d'inhabituel. Ce qui inquiète davantage, c'est sa capacité à se diffuser bien plus vite que prévu. Malgré une progression de quelques mètres par jour seulement, il parvient à coloniser de nouveaux espaces et à s'implanter durablement. Dans certaines zones, sa présence augmente nettement d'année en année. Cette expansion rapide pose un vrai problème écologique : une fois installé, le ver est difficile à éradiquer.
Comment expliquer une telle propagation malgré une mobilité aussi limitée ? La réponse est surprenante : il voyage sur nos animaux domestiques. Des chercheurs ont montré que Caenoplana variegata, un ver originaire d'Australie, peut se fixer au pelage des chats et des chiens. Lorsqu'un animal se roule dans l'herbe, le ver s'accroche grâce à un mucus très collant. L'animal se relève, rentre chez lui ou explore un autre terrain, et le ver se détache plus loin. Et un seul individu suffit pour coloniser un nouveau jardin, car cette espèce peut se reproduire par clonage.
Faut-il s'inquiéter pour ses animaux ? Ce ver ne pénètre pas dans leur organisme et ne présente pas de danger connu pour l'être humain. Le risque concerne surtout l'équilibre écologique du sol. En s'attaquant aux arthropodes, il peut réduire des populations utiles à la décomposition des matières organiques et à la fertilité naturelle. Pour limiter la propagation, quelques gestes simples comptent : inspecter son jardin après l'introduction de nouvelles plantes, éviter de manipuler les vers à mains nues, nettoyer les outils et, en cas de découverte, signaler l'observation aux réseaux de sciences participatives.
Avec près de 10 millions de chats et 16 millions de chiens en France, les occasions de dispersion sont nombreuses. Même si seuls quelques animaux transportent ces vers, les distances cumulées parcourues chaque année représentent un potentiel considérable. L'enjeu n'est pas de restreindre les sorties des animaux, mais d'être informé et attentif. Mieux comprendre ce mode de propagation permet d'agir tôt, avec mesure, pour protéger la biodiversité ordinaire qui fait la richesse de nos jardins.