"C'est une bombe à retardement pour la France" : un grand patron dénonce ce qui se passe aujourd'hui au lycée
Le baccalauréat, les programmes de mathématiques, le niveau des élèves au lycée : ces sujets au cœur du système scolaire français suscitent des inquiétudes croissantes chez les parents comme chez les professeurs. Un grand patron interroge les choix sur la formation selon les matières dans le secondaire.
Chaque année, des centaines de milliers de lycéens passent les épreuves du bac dans les classes de terminale, répartis entre les filières générale, technologique et professionnelle. Depuis plusieurs années, l'objectif affiché est d'augmenter le taux de réussite. Une ambition qui s'est accompagnée de réformes successives du programme scolaire et de l'organisation des enseignements. La plus controversée reste celle qui a rendu les mathématiques optionnelles dans le tronc commun. Concrètement, cette discipline, autrefois obligatoire pour tous les lycéens de la seconde à la terminale, n'est plus systématiquement enseignée : les élèves peuvent désormais choisir de ne pas suivre de cours de maths durant leurs années de lycée.
C'est précisément cette évolution que dénonce Olivier Andriès, directeur général de Safran, dans une interview accordée à BFM Business. "Se fixer comme objectif d'avoir 80 % de bacheliers, voire plus, et pour y arriver baisser le niveau, ce n'est pas la voie", martèle-t-il. Pour ce dirigeant, la vraie question n'est pas le nombre de diplômés, mais la qualité de leur formation. "La sélection elle se fait. Si elle ne se fait pas là, elle se fera plus tard", prévient-il, craignant que cette stratégie ne reporte simplement les difficultés vers l'enseignement supérieur ou le marché du travail.
La décision de rendre les mathématiques optionnelles au baccalauréat cristallise ses critiques. "Je la trouve toujours incompréhensible", affirme le grand patron, qui pointe un effet immédiat et préoccupant : "une baisse du nombre de jeunes filles candidates sur les filières scientifiques et dans les écoles d'ingénieurs". Au-delà des chiffres, c'est la formation intellectuelle de toute une génération qui l'inquiète. "Les maths, c'est important parce que c'est ça qui forme l'esprit", explique-t-il. "C'est ça qui permet de comprendre, d'analyser, d'avoir vraiment une stratégie rationnelle d'analyse des problèmes", insiste le patron, rappelant que cette discipline structure la pensée bien au-delà des carrières scientifiques.
Pour Olivier Andriès, l'enjeu dépasse le cadre de l'entreprise. "C'est une bombe à retardement pour la France", alerte-t-il. La France, longtemps reconnue pour " l'excellence de son parcours de formation en maths", voit son niveau progressivement baisser. "Moi ce que je crains, c'est une baisse du niveau qui est fournie par le système d'éducation publique. C'est triste à dire", conclut-il, appelant à repenser en profondeur la politique éducative du pays.