Le thermomètre affiche 10 degrés dans son salon : ce retraité est contre le chauffage - et ce n'est pas une question d'argent

Huit couches de vêtements sur le torse, deux paires de chaussettes aux pieds, un collant sous le pantalon : l'arsenal vestimentaire de cet habitant de la région Centre évoque davantage l'équipement d'un randonneur en haute montagne que la tenue d'un retraité chez lui. Il faut dire qu'il ne fait pas chaud...

Le thermomètre affiche 10 degrés dans son salon : ce retraité est contre le chauffage - et ce n'est pas une question d'argent
© margoalexa

Alors que l'hiver est là et que la plupart des foyers français règlent leur thermostat sur un confortable 19°C, chez Thierry, l'ambiance est tout autre : dans le salon, le mercure peine parfois à dépasser la barre des 10°C. Un chiffre qui ferait frissonner n'importe quel invité, mais qui fait partie intégrante de son quotidien. À première vue, on pourrait croire à une situation de grande détresse financière. Pourtant, Thierry n'est pas une victime de la hausse des prix de l'énergie. Il a les moyens de chauffer son domicile et de régler ses factures sans difficulté.

Sa situation financière est d'ailleurs confortable. Avec une retraite de 2 700 euros par mois, il est loin de l'image du retraité en difficulté qui subit la précarité énergétique. D'ailleurs, sa consommation électrique annuelle, inférieure à 1 000 kWh, témoigne de sa rigueur. À lui seul, il consomme moitié moins qu'un Français moyen, divisant même par cinq les dépenses énergétiques d'un foyer traditionnel. Pour tenir bon face aux températures hivernales, Thierry a dû revoir totalement son mode de vie à l'intérieur de sa maison. Plutôt que de chauffer l'air ambiant, il préfère réchauffer son corps. Son arsenal pour affronter le froid comprend la superposition de couches de vêtements, pas moins de 8 couches en haut, deux paires de chaussettes et un collant sous son pantalon. Pour autant, "je ne suis pas dans l'illusion", admet-il dans le reportage, conscient que ses efforts personnels ne pourront jamais compenser l'absence d'une véritable rénovation énergétique globale de son habitation.

Rencontré dans un reportage de France 3, ce retraité de 69 ans originaire de La Ferté Saint-Aubin, révèle que son refus de tourner le bouton du radiateur n'est ni une contrainte économique, ni une forme d'avarice, mais un acte militant mûrement réfléchi depuis 2019. En effet, par conviction écologique, Thierry Albert chauffe le moins possible chez lui. "J'essaie de ne pas aggraver les problématiques de climat, c'est tout ce qui me motive", explique-t-il. L'approche de l'homme est radicale et ne manque pas de susciter le débat. En vivant avec 10°C dans son salon, il soulève une question fondamentale : jusqu'où sommes-nous prêts à sacrifier notre confort personnel pour freiner le dérèglement climatique ? Pour Thierry, la réponse est claire, et chaque degré en moins est une petite victoire.

En renonçant au luxe du chauffage malgré son aisance financière, ce retraité incarne une sobriété totale où la protection du climat prime désormais sur les besoins les plus élémentaires.