"Lunaire" : Air France perd sa peluche préférée, et c'est elle qui est condamnée à payer
Cette peluche a traversé les années, les pays et les tempêtes du cœur. Pour ce doudou disparu dans une valise rose, Florence est prête à tout - quitte à y laisser bien plus que ses souvenirs d'enfance. Entre la compagnie aérienne et la voyageuse, le bras de fer ne se termine pas bien.
Voici une peluche qui représente bien plus qu’un simple jouet d'enfant. Ovechka - “petit mouton” en tchèque -, le doudou d’enfance de Florence Gendraud, s'est volatilisé il y a 3 ans, enfermé dans une valise rose lors d’un vol Air France vers Chicago. Depuis, sa propriétaire n’a cessé de chercher sa peluche par tous les moyens. Son acharnement n'a pas été récompensé, sinon par une amende plus que salée. Reprenons le fil.
Ce vendredi-là, Florence et son compagnon Julien embarquent avec leurs enfants pour quinze jours de vacances, direction les Etats-Unis à partir de l'aéroport Roissy Charles de Gaulle. Ils ont avec eux 5 valises, dont une valise rose contenant son doudou, un petit mouton offert à sa naissance. D'habitude, Florence le garde avec elle dans son bagage à main : mais ce vendredi, c'est la pagaille à l'embarquement et la peluche finit en soute.
Mais le même jour, une grève à Aéroports de Paris provoque la perte de dizaines de milliers de bagages. À l’arrivée, les cinq valises du couple manquent à l’appel. Au programme donc : deux semaines à l’étranger sans leurs affaires, avec deux enfants en bas âge et un senior. Mais ce n'est pas le plus grave ; si trois bagages finissent par être retrouvés, ce n'est pas le cas de la valise rose contenant le fameux mouton en peluche.
"Cette peluche, offerte par ma grand-mère tchèque et liée à ma naissance, le seul objet vraiment précieux que je n’ai jamais eu dans ma vie", confie-t-elle au Parisien. Pour Florence, cette figurine en tissu n’est pas un simple souvenir, c’est un lien vivant avec son enfance et ses origines slaves. Alors, pendant dix mois, elle multiplie les démarches : appels, messages sur les réseaux sociaux, lettres recommandées. Elle est persuadée que la valise, et donc sa peluche, se trouvent toujours dans l’entrepôt d’Air France appelé “le Kube”.
Avec son avocat, elle demande à être autorisée à y entrer pour retrouver le petit mouton perdu. Mais le tribunal d’Aulnay-sous-Bois rejette sa requête. Pire encore, Florence et son compagnon sont condamnés à verser... 6 000 euros à Aéroports de Paris pour les frais de procédure ! Florence, déjà inconsolable, est plus que choquée : "C’est pas vrai, c’est pas possible, c’est lunaire, c’est aberrant, délirant", s’indigne-t-elle.
Air France, de son côté, assure avoir respecté toutes ses obligations et rappelle que les bagages non identifiés sont détruits après plusieurs mois. "Il n'est pas possible qu'un bagage perdu il y a trois ans soit encore présent dans nos infrastructures", indique un cadre de la compagnie. Au chagrin de Florence d’avoir perdu le seul objet tendre qui la reliait à son enfance s’ajoute celui, plus cruel encore, d’avoir été condamnée pour avoir voulu le récupérer.