On a passé trente ou quarante ans à courir après le temps, entre le travail, les enfants et les obligations du quotidien. Alors, forcément, la retraite ressemble à une belle occasion de profiter enfin de son conjoint. Sauf qu'une fois les premières semaines passées, certains couples déchantent. Les habitudes de l'autre deviennent agaçantes, les discussions se raréfient et même les courses au supermarché finissent par se faire systématiquement à deux. Pas vraiment le programme romantique imaginé !
Et ce n'est pas forcément parce que les sentiments ont disparu. Comme l'explique Jacqueline Olds, psychiatre à Harvard, dans un entretien publié par la Harvard Gazette, lorsque les couples passent énormément de temps ensemble, ils peuvent avoir "envie de passer un peu plus de temps séparément". Mais "cela ne signifie pas qu'ils ne sont plus amoureux", rassure-t-elle. Son confrère Richard Schwartz, également psychiatre à Harvard, va plus loin : "Trop de temps ensemble et vous finissez par vous sentir étouffé, un peu claustrophobe." Selon lui, quand on est tout le temps ensemble, on peut perdre "cette curiosité pour l'autre qui est vraiment essentielle pour maintenir la vitalité d'un mariage".
Pour éviter d'en arriver là, une solution fait parler d'elle : la règle du "double espace", présentée notamment par Grazia.it. L'idée ? Garder chacun un petit coin à soi dans la maison et passer au moins deux heures par jour séparément. L'un peut aller marcher, voir ses amis ou bricoler pendant que l'autre lit, jardine ou fait ce qui lui plaît. Nul besoin de s'exiler à l'autre bout de la ville : l'objectif est simplement de retrouver des activités personnelles, sans avoir systématiquement son conjoint dans les parages.
Et contrairement à ce qu'on pourrait penser, prendre ses distances ne signifie pas faire chambre à part ou fuir son mariage. "Trop de séparation et les gens ont tendance à s'éloigner, à devenir moins présents l'un pour l'autre", prévient également Richard Schwartz. Le bon équilibre ? "Il varie énormément d'un couple à l'autre", assure le psychiatre, qui souligne une difficulté supplémentaire : "Ce qui convient à l'un peut ne pas convenir à l'autre." Autrement dit, inutile d'imposer deux heures de solitude à un conjoint qui n'en ressent pas le besoin. Mieux vaut en discuter et trouver un rythme qui arrange tout le monde.