Mauvaise nouvelle pour les addicts des crèmes hydratantes et surtout anti-âge. Dans l’univers de la beauté, les innovations sont légion et les actifs se multiplient dans les formules. Acide hyaluronique, peptides, collagène, mais aussi le rétinol, ingrédient par excellence pour lutter contre les rides et ridules. Tous promettent de ralentir le vieillissement cutané et d’atténuer l’apparence des premiers signes de l’âge. Pourtant, les paroles d’un médecin pourraient bien vous faire réfléchir avant de succomber à votre prochain achat.

Interrogé sur l’efficacité des peptides, le Dr David Boccara n’a pas mâché ses mots. Invité dans l'émission Zoom Zoom Zen sur France Inter, ce chirurgien plasticien et professeur de médecine s'est montré très critique envers ces actifs cosmétiques. "Les peptides, ce sont des fragments de protéines, mais d’un point de vue commercial on connait et c’est moins vendeur. On en a partout dans le corps, c’est naturel", commence-t-il par expliquer. Premier élément donc, les peptides sont utilisés depuis très longtemps en médecine et ne sont pas véritablement une révolution mais plutôt un effet de mode. Présents dans les cosmétiques topiques, ils servent à stimuler la production naturelle de collagène, d’élastine et d’acide hyaluronique. Ils visent aussi à atténuer l’apparence des rides, améliorer la fermeté de la peau et lui redonner de la densité. Bref, sur le papier un miracle puisqu’ils agissent comme des messagers qui délivrent une information directement à la cellule : c’est-à-dire qu’ils trompent la peau en lui faisant croire par exemple que le collagène s’est dégradé et qu’elle doit en fabriquer de nouveau.

Mais voilà, d’après le Dr Boccara, leur efficacité dans les soins laisse à désirer : "Je ne veux pas faire de peine à certaines personnes qui vont beaucoup chez Sephora, mais que ça soit sous forme de sérum ou de crème, en général ça ne dépasse pas l’épiderme." Le professionnel est formel : "ce n’est pas en s’appliquant une crème tous les jours que l’on va s’empêcher ou s’interdire de vieillir." Selon lui, au-delà de l’hydratation, le rôle de la crème est surtout de former une sorte d’isolant au-dessus de la peau pour y retenir l’humidité. "Mais ça ne va pas être beaucoup plus que ça, que l'on mette de l’acide hyaluronique ou tout ce que l'on veut dedans."

Le médecin alerte également sur un danger lié aux cosmétiques : celui de multiplier et de superposer trop de produits pour maximiser leurs effets. Cette pratique potentialise le risque d’infection et d’allergie, mais aussi celui de voir apparaître des taches pigmentaires. Alors s’hydrater la peau oui, mais rien ne sert de trop en faire.