Camille Lepage, morte à 26 ans : le journalisme passionnément

Camille Lepage, journaliste française de 26 ans, a été tuée dans une embuscade en Centrafrique. Proches et confrères se souviennent avec admiration et respect d'une jeune femme dévouée à son métier.

"Très passionnée et extrêmement motivée". C'est en ces mots que Pascal Riché, co-fondateur de Rue89, évoque Camille Lepage. La journaliste française de 26 ans, tuée dans une embuscade et dont le corps sans vie a été trouvé en Centrafrique ce mardi 13 mai, a marqué ses collaborateurs par son enthousiasme et sa détermination.
Le MondeLibération, le New York Times, le Wall Street Journal, entre autres, ont publié ses clichés. De très belles photos, toujours au plus proche des gens et au cœur des situations les plus critiques.
Avant de s'orienter vers le photojournalisme, Camille Lepage passe par la rédaction de Rue89. Un mois de stage dont se souvient Pascal Riché. "Elle avait une très haute idée du métier, elle voyait la noblesse du journalisme. Elle avait très envie de parler de causes à défendre", nous confie-t-il, peu surpris du chemin qu'elle a ensuite emprunté. "Je m'oriente vers le journalisme indépendant avant tout car il est, pour moi, le seul digne de ce nom", écrit-elle alors dans sa lettre de motivation. A l'époque, elle débute seulement en photographie, ce hobby est une ligne de la partie "divers" de son CV. Il deviendra sa passion, son métier.
En 2011, à la fin de son cursus, Camille s'envole pour l'Egypte et couvre la révolution. Avant de partir vers le Soudan du Sud dans l'objectif de rapporter le quotidien alarmant de ce pays naissant. 

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Dernière photo de Camille Lepage postée sur son compte Instagram © Instagram Camille Lepage

"Optimiste, généreuse et acharnée"

Depuis septembre dernier, la jeune Angevine avait rejoint la Centrafrique en tant que photographe indépendante. "Elle n'avait pas peur. Elle était passionnée. Elle avait la joie de vivre, raconte sa mère à RTL. Elle n'avait qu'une envie, c'était de témoigner des populations dont on ne parlait pas et qui étaient en danger." Pour autant, les photo-reporters qui l'ont côtoyée s'accordent pour dire qu'elle n'avait rien d'une tête brûlée. Elle était motivée par la ferveur d'immortaliser le monde. Comme le mentionne Nicholas Kulish, correspondant du New York Timesdans un bel hommage sur son blog, "Elle impressionnait ses pairs par son travail, mais aussi par son dévouement." Il qualifie la jeune femme de'"optimiste, généreuse, bosseuse et acharnée". Elle était également "très talentueuse", souligne Pascal Riché. Thomas Cantaloube, grand reporter chez Mediapart, a eu l'occasion de la rencontrer sur le terrain. Sur son blog, il évoque sa consœur avec émotion : "Elle était une leçon vivante pour tous ceux qui ne voient dans les journalistes que des parachutistes de l'information : vite arrivés, vite repartis."

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Camille Lepage © Facebook officiel de Camille Lepage