L'image "à Strauss"

15 mai 2011. Un homme courbé, débraillé, mal rasé, le teint jaune et les yeux noirs quitte le commissariat de Harlem, à New York, où il a été formellement reconnu par une femme de chambre qui l'accuse de viol et séquestration. Coup de folie, pulsion libidinale d'un mec aveuglé par ses désirs ? Ou coup monté, complot dégueulasse contre le dirigeant d'une des plus puissantes institutions internationales? Quels que soient les faits, ce cliché du baron de la Gauche, menotté, la mâchoire serrée et le buste encadré par deux policiers, casse le mythe. En une photo, le cheminement de DSK a été réduit à ses penchants de séducteur impénitent. Chemise ouverte, barbe de trois jours et mains dans le dos, le patron du FMI n'est plus que l'ombre de lui-même. Manipulé comme un malfrat, le cheveu ébouriffé et la queue entre les jambes...
©  Craig Ruttle/AP/SIPA