Depuis que l'IA générative s'est installée dans les entreprises, les besoins ont beaucoup changé. Il ne s'agit plus seulement de recruter des ingénieurs capables de développer des modèles toujours plus performants. Les entreprises veulent désormais obtenir des résultats concrets avec les outils dans lesquels elles ont investi. Et sur ce point, il reste visiblement du boulot.
Selon un rapport du MIT, seuls 5 % des projets d'IA générative testés en entreprise ont eu des résultats financiers mesurables. Parmi les difficultés identifiées figurent notamment l'intégration des outils aux méthodes de travail et leur adaptation aux besoins réels des entreprises. En clair, une IA peut être impressionnante pendant une démonstration et beaucoup moins une fois qu'il faut la faire travailler avec les logiciels et les données de toute une entreprise.
C'est là qu'intervient un profil encore assez peu connu en France : le Forward Deployed Engineer ou FDE. Sa mission consiste à aller directement chez le client pour installer une solution d'IA et surtout l'adapter à son fonctionnement. Selon les données de la plateforme européenne de talents tech Shakers, la demande pour ces professionnels a bondi de 800 %. En France, leur facturation annuelle moyenne atteindrait 112 000 euros, soit environ 9 300 euros par mois.
Le métier est à mi-chemin entre l'ingénieur et le consultant. Prenons une entreprise qui souhaite utiliser l'IA pour analyser automatiquement ses contrats. Il ne suffit pas de lui fournir un outil capable de lire des documents. Il faut le connecter aux bonnes données, respecter les règles de sécurité, déterminer les informations à extraire et intégrer les résultats aux logiciels déjà utilisés. Quand quelque chose coince, le FDE adapte directement la solution.
Cette façon de travailler demande donc un profil assez complet. Il faut savoir coder et maîtriser les technologies liées à l'IA, mais aussi comprendre rapidement les besoins d'un client et discuter avec des équipes qui ne parlent pas forcément le même langage. Le but n'est pas de leur expliquer pendant vingt minutes la beauté du modèle utilisé : elles veulent surtout savoir s'il va leur éviter trois heures de travail chaque semaine.
Une précision s'impose toutefois sur les 9 000 euros mensuels. Les 112 000 euros par an communiqués par Shakers correspondent à une facturation annuelle moyenne en France, et non à un salaire net de 9 000 euros versé chaque mois. La rémunération réelle varie donc fortement selon le statut, l'expérience et l'employeur.