Municipales 2026 : Cette ville a une particularité "rare", on y trouve plus d'électeurs que d'habitants (et il y a une bonne raison)

C'est ce dimanche 15 mars que se tient le premier tour des élections municipales. Et, parmi les bizarreries locales, cette ville se distingue par son nombre étonnant d'électeurs...

Municipales 2026 : Cette ville a une particularité "rare", on y trouve plus d'électeurs que d'habitants (et il y a une bonne raison)
© ANDBZ/ABACA

Dès le 15 mars au soir, les yeux seront braqués sur un certain nombre de villes à l'issue du résultat du premier tour des municipales : Rachida Dati va-t-elle réussir à refaire tomber Paris dans l'escarcelle de la droite ? Jean-Michel Aulas va-t-il vraiment écraser Grégory Doucet à Lyon comme le prédisent les sondages ? Benoît Payan va-t-il se maintenir à la tête de Marseille ? Ailleurs dans le pays, certaines villes se distinguent aussi par une drôle de particularité : avoir plus d'électeurs que d'habitants ! C'est le cas de cette municipalité très populaire l'été... 

C'est une situation qui, sur le papier, peut paraître mathématiquement impossible. Mais elle est en réalité assez fréquente dans les communes touristiques très prisées. C'est donc le cas dans cette station balnéaire de renom, comme l'a constaté le Figaro Magazine dans son reportage intitulé Le surtourisme s'invite dans la campagne. Un phénomène qui s'explique par les règles du Code électoral français. Pour l'Insee, un habitant est une personne qui réside à l'année (résidence principale) dans la commune. En revanche, pour être électeur, il n'est pas obligatoire d'y habiter de façon permanente ! Deux conditions majeures permettent de s'inscrire sur les listes électorales d'une commune : le domicile réel (y habiter au moins 6 mois par an) et la qualité de contribuable.

C'est ici que tout se joue. Toute personne qui paie des impôts locaux - taxe foncière ou taxe d'habitation sur les résidences secondaires - dans la commune depuis au moins 2 ans sans interruption a le droit de s'y inscrire pour voter. Ainsi, c'est comme ça que Lège-Cap-Ferret (en Gironde) se retrouve avec plus d'électeurs que d'habitants. La municipalité, qui fait face à Arcachon et la célèbre Dune du Pilat, possède un taux de résidences secondaires extrêmement élevé (souvent estimé à plus de 60% ou 70% du parc immobilier total).

© KONRAD K./SIPA

De nombreux propriétaires, bien que vivant et travaillant à Bordeaux, Paris ou ailleurs le reste de l'année, choisissent de s'inscrire électoralement sur la presqu'île. "Grâce à eux, Lège-Cap-Ferret a cette particularité rare d'avoir plus d'électeurs (9000) que d'habitants à l'année (un peu moins de 8000)", affirme le magazine.

Ce "surplus" d'électeurs n'est pas une fraude aux yeux de la loi et des règles du vote. C'est une application légale du droit de vote lié à la contribution fiscale locale. Cela crée toutefois un enjeu politique particulier : les élus doivent satisfaire à la fois les besoins des résidents à l'année (écoles, services publics) et les attentes des résidents secondaires qui représentent une part majeure du corps électoral.