Ramadan en entreprise : cet aménagement qui peut être demandé grâce à la loi
Le ramadan a officiellement démarré ce 18 février 2026. Bien que strictement personnelle, cette pratique religieuse a un impact direct sur le quotidien de millions de musulmans vis-à-vis de leur travail. Pour "faciliter" cette période, est-ce possible de demander du télétravail ? Voici ce que prévoit la loi.
Concilier la pratique du ramadan avec sa journée de travail peut parfois être difficile. Le rythme de vie est logiquement chamboulé pendant cette période en raison des horaires à respecter pour manger et boire. Il faut par exemple se lever plus tôt pour pouvoir faire un repas avant d'enchaîner sur une journée en entreprise. C'est aussi un moment au cours duquel de nombreux musulmans tiennent particulièrement à faire leurs 5 prières par jour. Alors, pour vivre ce mois du ramadan plus facilement, est-ce possible de faire du télétravail ?
Dans les faits : non, cette pratique religieuse est évidemment personnelle et n'ouvre bien sûr aucun droit particulier. Tout comme la pratique du Carême pour les Catholiques. "Le télétravail n'est pas un droit lié au ramadan. Mais des aménagements temporaires peuvent être accordés avec l'accord de l'employeur (télétravail, horaires adaptés), notamment pour gérer la fatigue et les temps de prière", relate ainsi sur LinkedIn, Adnane Ramdani, juriste. Car, concrètement, il existe plusieurs cas de figure quant à la possibilité de faire du télétravail dans son entreprise en France.
Soit il existe déjà un accord collectif (négocié avec les syndicats) qui instaure un certain nombre de jours par semaine où le salarié est en télétravail ou en présentiel, lesquels peuvent être fixes ou flottants. Soit une charte élaborée par l'employeur (après avis du CSE). Si vous avez déjà un accord de télétravail, il sera très difficile d'obtenir plus que ce qui est prévu... Mais en cas d'absence d'accord collectif ou de charte, obtenir du télétravail de la part de son manager n'est pas impossible.
En effet, depuis les ordonnances de 2017, le Code du travail privilégie ce qu'on appelle un "accord de gré à gré", qui peut se faire par e-mail ou par courrier - il est très important de ne pas le faire à l'oral pour en garder une trace quelque part - entre le salarié et son manager. L'employeur est libre d'accepter ou de refuser la demande mais, c'est ce point qui compte, il doit motiver son refus.
L'employeur ne peut pas simplement dire "non" par principe. Il doit avancer des raisons objectives au refus du télétravail et cela peut aller du risque d'une désorganisation manifeste du service au besoin d'une présence physique pour l'accueil du public ou l'usage de machines en fonction du poste occupé. Concrètement, exercer un métier de bureau aide donc inévitablement plus à obtenir un aménagement pendant cette période du ramadan que de travailler au contact des gens...
