Des femmes forcées à faire des vidéos X: le site GirlsDoPorn condamné

Forcer des femmes à faire des vidéos pornos: c'est la sordide méthode pratiquée par le site GirlsDoPorn. Les propriétaires de la plateforme ont été condamnés à verser 12,7 millions de dollars de dommages et intérêts aux victimes, dont certaines sont "brisées".

Des femmes forcées à faire des vidéos X: le site GirlsDoPorn condamné
© Aleksandr Davydov

Un site néozélandais GirlsDoPorn a été condamné par la Cour de San Diego le 3 janvier à verser 12,7 millions de dollars à 22 femmes victimes de stratagèmes frauduleux. Celles-ci auraient subi des pressions pour jouer dans des vidéos produites par le site, un phénomène malheureusement courant dans l'industrie du porno, indique Le Guardian.
À l'origine, les victimes auraient postulé à des annonces sur Craiglist recherchant "de jolies filles de type étudiantes" âgées de 18 à 22 ans et intéressées par le mannequinat. Après avoir candidaté, elles reçoivent un appel d'une intermédiaire. Celle-ci les persuade de jouer dans les films, en leur assurant qu'ils ne seraient disponibles qu'à la vente en DVD et destinés uniquement à des acheteurs étrangers, de Nouvelle-Zélande et Australie. Face aux pressions exercées, les jeunes femmes acceptent, en général, rapidement le travail. Celles qui ont tenté de faire demi-tour témoignent avoir été alcoolisés et menacées. Une manière de procéder totalement scandaleuse qui détonne des initiatives plus féministes qui naissent dans l'industrie.

"Je voulais me suicider"

Les vidéos ont été publiées sur les plus gros sites de porno, dont les jeunes générations raffolent, et ont été visionnées des millions de fois. Des emails anonymes ont notamment été envoyés aux familles, aux amis et à des présidents d'universités.

Dans son témoignage, une des victimes surnommée 'Jane Doe 1' raconte: "Je me suis sentie comme brisée en mille morceaux. Honnêtement, je voulais me suicider quand c'est sorti... J'ai essayé de déménager. J'ai essayé d'aller dans des endroits où les gens ne me connaissaient, mais ça me suit partout."  Ses informations personnelles et celles des autres jeunes filles ont été publiées sur Wikiporn après la mise en ligne des vidéos, un autre site très populaire.  Pour 'Jane Doe', la seule façon d'échapper à sa notoriété a été de passer par la chirurgie esthétique.

Un porno 'cheap' favorise les pratiques frauduleuses

GirlsDoPorn, lancé en 2006 à partir de la Nouvelle-Zélande, s'est spécialisé dans le porno "amateur". Les vidéos sont réalisées dans des maisons, des mobiles homes avec des "personnages" qui sont volontairement associés à des gens très ordinaires, la fameuse 'Girl next door' ("la fille tellement commune qu'elle pourrait être ta voisine"). 

Pour le juge Kevin Enright, la volonté de donner l'impression aux spectateurs que les jeunes filles peuvent être n'importe qui les pousse à renouveler régulièrement leurs recrues. Il détaille, toujours dans le Guardian: " Selon ce concept du 'coup d'une seule fois', l'activité est dépendant du renouvellement des actrices. La cour pense... que des pratiques frauduleuses [ont étés utilisées] pour faciliter ce recrutement."

Pour les victimes de ces procédures dont l'intimité a été exposée, il est impossible de poursuivre un parcours universitaire ou reprendre une vie sociale normale. 'Jane Doe 1', elle, a laissé ses espoirs de devenir avocate s'envoler.