En 1971, alors que les Rolling Stones sont au sommet de leur art, ils décident de quitter leur Angleterre natale pour la douceur (fiscale) de la côte d'Azur. Aussi difficile à croire que cela puisse être, le groupe est alors au bord de la faillite à cause d'une réforme du système de taxation anglais. "On était dans une situation ridicule : Klein (Allen Klein, ex-manager du groupe avec lequel les Stones étaient en conflit à l'époque, ndlr) nous prêtait de l'argent que nous n'avions pas les moyens de rembourser parce qu'il n'avait pas payé nos impôts et parce que de toute façon on le claquait", a raconté le guitariste des Stones dans son autobiographie, Life, parue en 2011. 

"À cette époque, le taux d'imposition sur les très gros revenus était de 83%, et ça passait à 98 pour les investissements et les soi-disant 'revenus indirects'. On allait être obligés de quitter le pays", a-t-il détaillé. Et à lui d'ajouter : "On n'avait pas envie de se faire dépouiller, alors on a surenchéri et on s'est cassés en France". Résultat : les Rolling Stones ont posé leurs valises sur la côte d'Azur, au pied du Cap Ferrat. Ils se sont installés dans la villa Nellcôte, à Villefranche-sur-Mer. 

Et c'est dans les caves de cette demeure de 16 chambres qu'ils ont enregistré l'un des albums majeurs de leur discographie, Exile on Main Street. Malheureusement, il n'y avait pas que la musique dans la vie des membres de ce groupe qui a forgé l'histoire du rock. Après huit mois pour le moins rock'n'roll, les Rolling Stones ont dû quitter l'Hexagone avec perte et fracas. À cause de Keith Richards. Alors en proie à ses démons, héroïne et alcool, et à de violentes disputes avec Mick Jagger - qui possède un château en France -, le guitariste a eu des démêlés avec la justice française. 

Interdit de territoire pendant deux ans pour possession d'héroïne, il a aussi été condamné en octobre 1973 à un an de prison avec sursis et une amende de 5000 francs. L'histoire raconte qu'après un passage à Los Angeles pour mixer le fameux album, il s'est ensuite installé en Suisse pour suivre une cure de désintoxication… Et peut-être une fiscalité encore plus intéressante qu'en France.

Aujourd'hui, la villa Nellcôte appartient à un oligarque russe, Viktor Rashnikov, qui l'aurait rachetée en 2007 pour la modique somme de 83 millions d'euros. Depuis le début de la guerre en Ukraine, la propriété aurait été saisie par la justice française.