S'il se fait assez rare en interview, Nicola Sirkis reste un homme de convictions et de combats. Le leader du groupe Indochine s'est montré particulièrement virulent à l'égard du monde de la musique actuel où l'argent est le nerf de la guerre.

Le chanteur de 67 ans n'a pas hésité à exprimer son dégoût face aux prix des places de concerts qui atteignent des tarifs délirants, jusqu'à 500 euros parfois pour un carré or en fonction de l'artiste sur scène... "On impose notre prix des places et il ne se passera jamais ce qu'il s'est passé pour Oasis, c'est-à-dire cette dynamique de prix parce qu'on la refuse", a-t-il d'abord assuré à la RTBF. "Quand on est artiste, il ne faut pas laisser tout dans les mains de son producteur de concerts. On a cette chance d'avoir un public derrière nous et d'avoir ce pouvoir. Il ne se passera jamais avec Indochine des carrés or ou des choses comme ça", a-t-il ajouté. 

Une prise de position tranchée qui vaut à Indochine de ne pas avoir que des amis dans le show business : "Alors, effectivement, on est détesté, surtout moi, par beaucoup de producteurs de spectacles parce qu'on est pas là pour gagner de l'argent alors que eux sont là pour gagner beaucoup d'argent". Et au père de Théa, Alice-Tom et Jules de poursuivre : "C'est ignoble le prix des places, surtout quand nous on connaît le tarif, on sait combien ça coûte un projecteur, du son… Donc c'est juste pour s'acheter des yachts de plus… Ou faire plaisir aux actionnaires". 

"Je suis sidéré que, malheureusement, les places VIP soient celles qui partent le plus vite", a ajouté Nicola Sirkis. Avant de terminer, droit dans ses bottes : "On est dans le capitalisme à outrance, il faut l'accepter mais nous on a le pouvoir de le refuser de temps en temps." 

Une stratégie payante pour Indochine dont les concerts continuent à se jouer à guichets fermés. Le groupe a même reçu une Victoire de la Musique d'honneur pour son Arena Tour en 2026. D'ailleurs, lors de son discours de remerciement, Nicola Sirkis n'avait, là encore, pas mâché ses mots. "On refuse de faire de la ségrégation par l'argent", avait-il clamé.