La mode regorge de belles histoires qui ne demandent qu'à être contées. Derrière les grandes maisons et les tonitruants défilés, quelques labels émergents bâtissent une révolution éco-responsable en secret. Celui d'Alessia en fait partie. Cette jeune créatrice a vu son destin basculer en mai, lorsque l'artiste Theodora, interprète du tube "Fashion Designa", porte sa création bijoutière sur le tapis rouge de Cannes. Repérée par Konbini, sa marque de bijoux Sea Lia explose en l'espace de quelques mois. Aujourd'hui, la Bruxelloise a été contactée par des stylistes de stars comme Aya Nakamura, Ayra Starr ou Lisa des Blackpink. Notre rédaction est partie à sa rencontre.
Origines italienne, indienne et mauricienne ; pied-à-terre à Bruxelles ; études à Londres ; stages en France : Alessia était destinée, depuis sa naissance, à poser un regard décloisonné sur le monde. La jeune femme de 27 ans est ainsi faite ; libre comme l'air et sans frontières dans toutes les sphères. Elle puise son inspiration dans des passions diverses qu'elle nourrit depuis l'enfance : Art, danse, sculpture, mode. Elle pioche ensuite dans des matériaux insolites pour créer ses bijoux identifiables entre mille. "J'ai toujours cherché des matériaux en seconde main. J'ai fait des bijoux en pâte fimo avec des perles que je chinais au marché. Puis, j'ai commencé à intégrer le métal avec des objets de la maison comme des décorations de poignées de portes, de tiroir, que je transformais en bijoux", explique-t-elle.
Au fil des retours client, Alessia se rend compte que le métal est lourd à porter sur les doigts. "C'est là que je suis arrivée au plastique. Ronds de serviettes, guirlandes lumineuses d'extérieur", couverts, qu'elle fait fondre avec un chalumeau et qu'elle moule selon ce que ça lui inspire. Sa 1ère création ? Une bague faite de ronds de serviettes "achetées pour décorer sa table de Noël" et d'"une guirlande de seconde main trouvée en marché." C'est d'ailleurs une bague fabriquée à partir d'anciens couteaux qui habille ici la main gauche de Theodora.

Des pièces uniques, puisque le processus de fabrication est instinctif et dépend de la matière qu'elle travaille. A l'instar d'un sculpteur, cette matière lui parle. "C'est la matière qui parle d'elle-même. Je fonds, je tords, je fabrique la pièce de façon très intuitive, parce qu'une fois qu'elle est chauffée, j'ai seulement quelques secondes pour la remodeler." Pour une bague, le processus dure 1 à 5 heures ; pour un collier, "8-9 heures." Son budget de départ ? "Jamais plus que 150, max 200 €."
Mais alors, comment lui est venue l'idée de retravailler des objets en plastique ? De ses racines ritales. "En Italie, il y a eu une mode où les grand-mères récupéraient des bouteilles en plastique. Avec des bougies, elles fondaient la matière et en faisaient des bouquets de fleurs à mettre devant leurs portes. C'est ça qui m'a donné l'idée de le faire à plus grande échelle." Un bel hommage à nos nonna italiennes.