Plus besoin de forcer la serrure, de briser une fenêtre ou même d'enfoncer la porte... Les cambrioleurs disposent de nombreux autres moyens, plus subtils, pour entrer dans un domicile. Les chiffres le prouvent : les vols sans effraction représentent désormais 40 % des atteintes aux habitations en France, selon les estimations du ministère de l'Intérieur. Certains passent par une fenêtre entrouverte, une porte de garage non fermée à clé ou même escaladent un balcon, mais d'autres malfaiteurs ciblent également les faiblesses des maisons connectées. 

Un simple brouilleur d'ondes, acheté quelques dizaines d'euros sur Internet, peut suffire à désactiver des caméras de surveillance sans fil ou à couper la transmission d'une alarme. Mais pire encore, un système automatisé d'ouverture des volets ou une serrure connectée peuvent être piratés à distance, ouvrant directement l'accès aux intrus. Résultat, les voleurs entrent sans laisser la moindre trace... et les victimes se retrouvent en difficulté quand vient le moment de prouver à leur compagnie d'assurance qu'elles ont bien été cambriolées. 

"Une assurance multirisque, même avec une garantie vol et vandalisme, ne couvre pas nécessairement le vol sans effraction", prévient notamment le site de Generali. En effet, de nombreux dossiers sont classés comme de simples négligences des occupants, comme une fenêtre restée ouverte la nuit en été. Dans cette situation, l'assureur peut appliquer une franchise majorée, diviser l'indemnisation par deux ou refuser tout versement. Il est essentiel de vérifier que votre contrat couvre bien les vols sans effraction, et dans quelles circonstances : certains peuvent être commis par la ruse ou "à la fausse qualité", par une personne se faisant passer pour un policier ou un plombier par exemple, mais aussi donc par hacking ou toute autre méthode "technologique" qui neutralise les dispositifs de sécurité du logement. 

Par ailleurs, l'article 132-73 du Code pénal assimile à une effraction "l'usage de fausses clefs, de clefs indûment obtenues ou de tout instrument frauduleusement employé pour actionner un dispositif de fermeture sans le forcer ou le dégrader". Generali confirme qu'un cambriolage "commis par des hackers entrés sans effraction dans une maison équipée de domotique peut aussi s'inscrire dans ce contexte" et donc être couvert par la garantie vol, à condition que le contrat mentionne ces circonstances. 

Moins de 26 % des victimes de vol sans effraction osent déposer plainte, pensant à tort que l'absence de traces matérielles rend la démarche inutile. Or, c'est la première étape indispensable pour espérer être remboursé. D'autres réflexes s'imposent pour apporter le maximum de preuves : "chercher d'éventuelles traces qui pourraient prouver le cambriolage" comme des éraflures ou autres empreintes à l'intérieur du logement, "identifier toute trace de piratage" dans l'historique de l'alarme ou de la serrure connectée, ou "tenter d'obtenir le témoignage d'un voisin".