L'année 2026 a été particulièrement marquée par les fermetures de grandes enseignes et de magasins en France. La baisse du pouvoir d'achat, l'inflation et la concurrence du e-commerce ont eu raison de la survie de certaines boutiques pourtant appréciées des consommateurs. C'est notamment le cas de l'enseigne d'ameublement Alinea, mais aussi des magasins de décoration Casa ou encore du chausseur Minelli, dont les fermetures de magasins ont marqué le paysage commercial ces derniers mois. Ce 21 octobre, Gifi a à son tour partagé sa situation financière préoccupante et selon Libération, l'enseigne spécialisée dans l'équipement de la maison pourrait déposer le bilan. 

Mais à l'annonce d'une fermeture définitive ou d'un placement en liquidation, le comportement des acheteurs obéit généralement à un mécanisme bien connu : la quête de la bonne affaire avant la disparition de la marque. Les consommateurs se ruent traditionnellement dans les boutiques pour profiter des ventes bradées et des rabais exceptionnels mis en place pour écouler les stocks. Cette habitude d'achat, ancrée dans l'esprit du grand public, associe immédiatement la faillite d'une enseigne connue à des réductions tarifaires. Et dès que des promotions sont affichées, les acheteurs ont tendance à baisser leur vigilance y compris lorsqu'il s'agit d'articles vendus sur Internet.

Et c'est justement sur ce point que les escrocs opportunistes agissent. Ces derniers créent de fausses boutiques en ligne, reproduisant les logos des enseignes à l'identique, la typographie et des catalogues complets générés ou mis en page à l'aide de l'intelligence artificielle pour tromper les internautes. "Ces marques ont une notoriété et elles doivent fermer leurs portes, et écouler leur stock. Donc les hackers, les escrocs vont jouer sur ce sentiment d'urgence, et cette information qu'on a toutes et tous dans notre esprit, que les marques ferment et qu'il y a du stock à écouler", explique Laetitia Lamari, experte du commerce en ligne à TF1 Info. En faisant miroiter des remises allant de 80 à 90 % sur du mobilier ou des vêtements, ces faux sites enregistrent des paiements pour des articles qui ne seront jamais livrés.

Au-delà de la perte financière liée à une commande fantôme, le danger principal réside dans la captation des informations confidentielles. En saisissant ses coordonnées sur ces plateformes frauduleuses, l'acheteur s'expose au vol de ses données bancaires, réutilisables pour d'autres prélèvements illicites ou revendues sur des réseaux pirates. Pour se protéger, il convient d'analyser scrupuleusement l'adresse URL du site et de se méfier des publicités sponsorisées promettant des rabais irréalistes allant jusqu'à 80% ou 90%. En cas de doute sur un site marchand suspect, il est vivement conseillé d'effectuer un signalement sur la plateforme gouvernementale officielle SignalConso et d'interrompre immédiatement toute transaction en contactant votre banque.