De nombreuses associations de protection animale font appel à des familles d'accueil (FA). Leur rôle est de prendre en charge un ou plusieurs animaux et s'en occuper jusqu'à ce qu'ils soient adoptés. Laura a souhaité tenter l'expérience quelques années après avoir elle-même adopté son chat auprès d'une "FA" : "Je voulais m'impliquer dans une association, mais je n'ai pas forcément les disponibilités et l'énergie pour participer à des collectes, à des trapages, etc. Les accueillir est la façon qui me correspond le mieux d'aider les animaux et de leur donner une chance de trouver leur famille pour la vie", nous confie-t-elle.

Cette décision, elle l'a mûrement réfléchie. Ayant toujours eu des chats, elle est au courant de ce que cela implique de s'occuper de félins, et des contraintes qu'il peut y avoir, notamment s'ils sont malades, blessés, ou ont besoin d'être sociabilisés. Mais sa préoccupation principale était ailleurs. "J'aime les chats et je sais qu'on peut s'attacher très, très vite, donc ce qu'il me faisait le plus peur, c'était de ne pas être capable de les laisser repartir ou d'être triste après leur départ", nous explique-t-elle.

"J'en ai parlé avec la responsable de l'association dont je fais partie en amont. Elle ne m'a pas menti : cela peut être difficile. Mais il y a aussi la joie de savoir que le chat avait trouvé sa famille à lui, et les bénévoles de l'association sont là pour se soutenir", raconte Laura. Cette discussion l'a décidée à essayer, mais elle n'était pas complètement rassurée. Avec maintenant plusieurs années d'expérience, elle nous le dit : "Oui, au moment du départ, j'ai toujours un pincement au cœur, plus ou moins fort selon l'attachement qui s'est créé. Mais ce n'est rien par rapport au fait de savoir qu'il a enfin trouvé son foyer définitif, qu'il va recevoir tout l'amour qu'il mérite. C'est très gratifiant de voir la joie sur le visage de sa famille quand elle vient le chercher. En plus, on fait toujours un suivi, donc j'ai des nouvelles régulièrement au début, je sais qu'il est choyé, qu'il s'habitue à ce changement".

Laura en est la première surprise, mais ce n'est donc pas de voir partir ses protégés qu'elle trouve le plus difficile dans le fait d'être famille d'accueil. Elle nous explique que c'est plutôt l'arrivée, et non le départ, qui est vraiment compliqué à ses yeux : "Souvent, il y a une période de quarantaine, donc il faut prendre des précautions sanitaires strictes pour protéger le chat accueilli, le mien, et moi aussi, ce qui demande de la rigueur, beaucoup de ménage et pas mal de vigilance. Il faut apprendre à connaître ce chat inconnu, et bien souvent, on ne sait rien de son caractère en amont. Donc on tâtonne, on voit ce qui marche avec lui, ce qu'il accepte, ce qu'il refuse, on cherche comment lui faire comprendre qu'il peut avoir confiance. C'est toujours intéressant et j'apprends plein de choses, mais cela demande du temps, de la patience et de l'énergie… Et encore, je ne prends que des cas "faciles", car je ne me sens pas capable d'assurer des soins lourds ou de passer des semaines ou des mois face à un chat terrifié en ma présence", raconte Laura. 

Heureusement, c'est vite oublié une fois que tout est bien mis en place : "Même s'il y a toujours des choses à gérer (problèmes de santé, éducation, entente avec mon chat…), quand ils ont pris leurs marques et que la quarantaine est finie, c'est un bonheur de les voir s'épanouir !".