Trouver l'idée que personne n'a encore eue, lancer sa marque, partir de zéro et espérer que les clients suivent : c'est souvent comme ça qu'on imagine la création d'entreprise. Codie Sanchez a choisi une autre porte d'entrée. Après plus de dix ans dans la finance, elle s'est intéressée à de petites sociétés qui existaient déjà. Sa stratégie est de regarder là où les investisseurs ne se précipitent justement pas. "Je m'adresse à la personne qui veut parier sur elle-même, mais qui, comme moi, n'a pas une brillante idée de start-up", explique-t-elle au magazine économique Inc.com. Elle recherche des entreprises anciennes, simples à comprendre et souvent peu modernisées. "Nous voulons vraiment une entreprise ennuyeuse, qui ne soit pas sexy", résume-t-elle alors dans les colonnes de "Entrepreneur".
Ce qu'elle achète surtout, c'est une activité qui tourne déjà. Des clients viennent, de l'argent entre et il existe suffisamment d'historique pour regarder les comptes avant de signer. Codie Sanchez préfère d'ailleurs "les entreprises qui génèrent un flux de trésorerie régulier dès le premier jour". Son objectif est même très précis : les revenus doivent pouvoir rémunérer le propriétaire mais aussi une personne chargée des opérations quotidiennes. Autrement dit, elle ne cherche pas simplement à s'acheter un nouveau travail dont elle ne pourrait plus décrocher.
L'investisseuse s'intéresse donc aux laveries automatiques, stations de lavage automobile, aux entreprises de toiture, de plomberie, de paysagisme, de peinture ou encore de petits travaux. Son critère est assez parlant : choisir une activité qui répond à un besoin bien réel. "Les meilleures opportunités entrepreneuriales se trouvent souvent dans des entreprises banales et négligées", confie-t-elle. Sa première laverie résume assez bien le principe. Les machines fonctionnaient encore avec des pièces, aucun vrai marketing n'avait été mis en place et les lieux n'avaient pas été rénovés depuis des années. Là où certains auraient vu une affaire vieillotte, elle a vu de la marge de progression. "Ce n'étaient pas des handicaps, mais des indices d'une valeur cachée", raconte-t-elle. Elle a notamment modernisé les moyens de paiement et ajouté du marketing pour augmenter les revenus. Son principe n'est donc pas de chercher une entreprise parfaite, mais une entreprise rentable dont quelques défauts peuvent être corrigés.
Reste le gros obstacle : l'argent. "La plus grande idée reçue sur l'achat d'entreprises, c'est qu'il faut beaucoup d'argent au départ", affirme-t-elle. Pour autant, un acheteur peut associer apport personnel, emprunt bancaire et, dans certains dossiers, crédit-vendeur. Surtout, les occasions vont être nombreuses avec les départs à la retraite des dirigeants. Plutôt que de créer une activité sans savoir si elle trouvera ses clients, le repreneur peut donc chercher une petite société rentable dont le propriétaire souhaite passer la main.