Il suffit parfois de peu. Le chien aperçoit quelqu'un derrière la fenêtre, se précipite et commence à aboyer. Son propriétaire regarde à son tour, voit le fameux passant et lance un "stop !" depuis l'autre bout de la pièce. Comme rien ne change, suivent généralement un "ça suffit !", puis un "viens ici !" nettement plus convaincu. Deux minutes plus tard, le passant a disparu, mais le salon est toujours bruyant. C'est difficile de savoir qui, du maître ou du chien, s'est le plus énervé dans l'histoire.

Pourtant, aboyer reste parfaitement normal pour un chien. Il peut le faire parce qu'il a repéré quelque chose d'inhabituel, parce qu'il est excité, frustré, inquiet ou simplement parce qu'il cherche à attirer l'attention. Le but n'est donc pas de transformer Médor en colocataire qui ne fait plus aucun bruit. Ce qui pose problème, ce sont surtout les aboiements qui durent et ceux qui reviennent systématiquement pour les mêmes raisons. Jack, éducateur canin chez Dovecote Dogs, s'intéresse justement à cette situation dans une vidéo publiée sur TikTok. "Votre chien aboie sans arrêt, parfois même sans aucune raison ?", lance-t-il. Selon lui, l'erreur classique consiste justement à vouloir reprendre son chien en restant focalisé sur exactement la même chose que lui.

Imaginons un chien qui aboie contre quelqu'un devant le portail. Son maître se tourne lui aussi vers le portail et lui ordonne d'arrêter. Il finit alors par "crier des ordres par-dessus le chien". Et les mots ne sont qu'une partie de ce que l'animal perçoit. "Notre langage corporel est orienté dans la même direction que le chien", explique-t-il. Résultat, dans l'esprit de l'animal, son propriétaire peut donner l'impression de participer lui aussi à l'alerte. Jack insiste sur ce point : "Il ne sait pas ce que nous disons." Il voit surtout une personne qui regarde la même chose que lui et qui se met à parler fort. 

Il évoque alors une règle d'or pour stopper ces aboiements efficacement. Première étape : se placer devant le chien afin de couper son attention de ce qu'il fixe. "Cela montre très clairement que nous communiquons avec votre chien", explique Jack. Ensuite, il faut attendre une petite pause, puis choisir une seule consigne et ne plus en changer : "Cela peut être 'silence', cela peut être 'ça suffit', peu importe, soyez constant." Surtout, inutile d'essayer de couvrir les aboiements. Enfin, lorsqu'il retrouve son calme, place à la récompense, donnée dans la direction opposée à ce qui le faisait aboyer. Selon l'éducateur, cette façon de faire permet de valoriser le fait de "s'éloigner de ce qui le faisait aboyer" et surtout de renforcer son désengagement. En clair, le chien apprend progressivement qu'abandonner son poste d'observation et revenir vers son maître peut être beaucoup plus intéressant que de continuer à commenter chaque passage devant la maison.

Un autre point compte beaucoup : ce qui se passe lorsque le chien arrête enfin. Dans la vie quotidienne, on remarque énormément les comportements pénibles et beaucoup moins ceux qui nous arrangent. Un chien qui aboie pendant trois minutes obtient immédiatement de l'attention. Celui qui se calme et retourne tranquillement dans son panier ? Plus personne ne s'occupe de lui. Or l'apprentissage fonctionne mieux lorsqu'on indique aussi clairement à l'animal ce qu'il vient de faire correctement, que ce soit par une petite caresse ou autre geste d'affection.