Sur le papier, la fibre est désormais largement déployée en France. Dans la vraie vie, il reste des adresses où elle n'est pas disponible, avec parfois une connexion qui commence sérieusement à montrer ses limites. Une vidéo qui charge pendant des plombes, une visioconférence qui transforme tout le monde en image figée ou plusieurs appareils connectés en même temps peuvent vite devenir compliqués. Bonne nouvelle : attendre l'arrivée de la fibre n'est pas forcément la seule option. Il existe d'autres technologies pour améliorer son débit et, dans certains cas, l'État met la main à la poche pour aider à les installer.

En effet, changer de connexion ne consiste pas toujours à recevoir une nouvelle box par La Poste et à la brancher dans le salon. Selon la technologie disponible et le logement, il peut être nécessaire d'acheter du matériel, de faire poser une antenne ou de payer des frais d'installation et de mise en service. La facture de départ peut donc calmer les ardeurs, surtout lorsqu'on change justement de solution parce que le réseau disponible chez soi n'est pas à la hauteur.

Plusieurs alternatives existent. La 4G fixe, par exemple, utilise le réseau mobile pour apporter Internet dans la maison. L'opérateur fournit une box dédiée qui capte la 4G puis crée un réseau Wi-Fi dans le logement. Une antenne supplémentaire peut parfois être installée pour mieux recevoir le signal. Et il n'est pas nécessaire de prendre au passage un nouveau forfait pour son téléphone. Aussi, dans les endroits où les réseaux terrestres sont moins performants, le satellite peut également prendre le relais. Le principe est particulièrement intéressant dans les zones rurales ou isolées : le logement reçoit Internet grâce à une installation adaptée, sans dépendre d'une ligne ADSL classique. Une troisième possibilité existe avec la boucle locale radio, qui utilise un réseau d'antennes déployées sur le territoire. Là encore, une antenne peut être installée sur le bâtiment avant de distribuer la connexion à l'intérieur, en Wi-Fi ou par câble.

C'est justement pour éviter que le prix de départ ne bloque le passage à ces solutions que l'État participe aux frais. Le montant dépend du débit proposé et de la situation de la personne concernée. Pour une offre labellisée permettant d'obtenir du Très Haut Débit, c'est-à-dire au moins 30 Mbit/s en téléchargement, le soutien peut aller jusqu'à 300 euros. Dans les territoires ultramarins, certaines offres proposant au moins 16 Mbit/s peuvent donner droit à une prise en charge allant jusqu'à 150 euros. Et les foyers aux revenus les plus modestes, notamment ceux qui perçoivent le RSA, l'AAH, l'Aspa, l'ASS, l'ASI ou encore l'allocation veuvage, peuvent bénéficier d'un coup de pouce nettement plus important : jusqu'à 600 euros. Le nom de ce dispositif ? Cohésion Numérique des Territoires.

Il reste ensuite à savoir si son logement peut réellement en profiter. Le premier réflexe consiste à entrer son adresse sur MaConnexionInternet, l'outil de l'Arcep. Il permet de vérifier si la fibre est disponible et quelles performances peuvent être obtenues avec les différents réseaux. Si aucune offre fibre n'est proposée, il faut alors regarder quelles solutions éligibles sont commercialisées à cette adresse, puis contacter l'un des opérateurs concernés. Important également : il ne s'agit pas d'une prime de 600 euros versée directement sur son compte. Impossible donc d'acheter une antenne au hasard et d'envoyer ensuite le ticket de caisse à l'État. La prise en charge concerne les frais d'équipement, d'installation ou de mise en service d'une offre reconnue par le dispositif.