Cette île paradisiaque n'est accessible que 23 jours par an… et les places partent en quelques heures
En plein hiver, difficile de ne pas rêver d'une île baignée de soleil. En Europe, l'une d'elles est si exceptionnelle qu'elle ne se visite que 23 jours par an. Et, pour y poser le pied, il faut s'y prendre vite.
Alors que la France traverse les mois les plus froids, beaucoup commencent à regarder vers le Sud et à planifier les escapades des beaux jours. Certains rêvent de plages faciles d'accès, d'autres cherchent un lieu plus secret. Dans ce contexte, une île européenne séduit les plus solitaires : ici, pas de foule, pas d'hôtels alignés face à la mer, pas de commerces. L'île est inhabitée et totalement dépourvue d'infrastructures touristiques. On n'y séjourne pas, on la découvre le temps d'une journée.
En effet, son accès est strictement encadré. En 2026, elle ne sera ouverte au public que 23 jours et chaque jour, 75 visiteurs seront autorisés à débarquer, soit 1 725 personnes sur l'année entière. Les visites se déroulent du 1ᵉʳ mars au 15 avril puis du 15 mai au 31 octobre. Entre mi-avril et mi-mai, l'île ferme complètement afin de protéger les oiseaux migrateurs pendant une période sensible. Ce calendrier précis n'est pas un détail : il reflète la priorité donnée à la nature.
L'île fait partie d'un parc national qui la qualifie de "lieu exceptionnel et écologiquement fragile". Elle représente un espace essentiel pour la biodiversité de son archipel et de la mer environnante. Pour cette raison, l'accès par la mer comme par la terre est réglementé. Impossible d'y aller par ses propres moyens. La visite se réserve en ligne, via le site officiel du parc, et se fait uniquement en groupe, accompagné d'un guide.
Une fois sur place, le programme est clair. Les participants empruntent trois sentiers de randonnée exigeants permettant de parcourir les reliefs et d'observer la faune et la flore locales. Il est interdit de prélever des plantes, des animaux ou des éléments géologiques. Les enfants de moins de douze ans ne sont pas admis, comme les animaux domestiques. Même la baignade n'est pas autorisée, y compris dans la baie principale connue pour la limpidité de son eau. L'idée est simple : limiter au maximum l'impact humain.
Cette rigueur s'explique aussi par le statut du territoire. L'île est reconnue réserve naturelle biogénétique par le Conseil de l'Europe depuis 1988. Avec ses 10,4 kilomètres carrés, elle est la quatrième plus grande de son archipel, et se situe entre la Corse et l'Italie. Administrativement, elle dépend de la commune de Portoferraio, dans la province de Livourne, mais elle ne ressemble à aucun territoire classique. Aucun village, aucune route, aucun port aménagé pour le tourisme. Son nom ? L'île de Montecristo. En 1846, Alexandre Dumas l'a choisie comme décor de son roman d'aventures Le Comte de Monte-Cristo. Depuis, son nom évoque autant la littérature que l'idée d'un lieu isolé, presque mythique.
La visite coûte 140 euros par personne. Cent places sont réservées aux habitants des communes de l'archipel, qui bénéficient d'un tarif réduit à 60 euros. Par ailleurs, veillez à être réactif au moment de l'ouverture des réservations pour espérer décrocher une place. La preuve, pour 2026, toutes les dates affichent déjà complet : il faudra désormais attendre 2027.
