Presque personne ne connaît cette règle de passeport, pourtant elle peut empêcher d'embarquer

On pense à la valise, aux billets, aux réservations… mais un détail dans le passeport peut suffire à faire rater un vol. Et ça n'a rien à voir avec la date de validité.

Presque personne ne connaît cette règle de passeport, pourtant elle peut empêcher d'embarquer
© ADIL BENAYACHE/SIPA

Avant un voyage, on a tous la même routine : vérifier l'heure du vol, regarder la météo sur place, faire une liste pour ne rien oublier dans la valise. Le passeport, lui, semble être le point le plus rassurant. Il est dans le tiroir, encore valable, donc tout va bien. En réalité, même un passeport à jour peut poser problème au moment d'embarquer.

En effet, à l'aéroport, les compagnies aériennes vérifient bien plus que l'identité du voyageur. Elles doivent aussi s'assurer que chaque passager respecte les conditions d'entrée du pays de destination. Par exemple, beaucoup de voyageurs connaissent déjà la règle des mois de validité restants après le retour, souvent exigée par les autorités locales. Ce réflexe est devenu courant, mais il ne couvre pas tout.

Dans de nombreux pays hors d'Europe, les formalités se font encore à l'ancienne, avec des tampons apposés à l'arrivée et au départ, et parfois des visas collés directement dans le passeport. Chaque passage laisse une trace bien visible qui occupe de la place, et certains cachets sont étonnamment grands. À cela peuvent s'ajouter des mentions administratives si le séjour change sur place, par exemple en cas de prolongation. Le passeport devient alors un carnet qui se remplit plus vite qu'on ne l'imagine, surtout pour ceux qui voyagent régulièrement depuis plusieurs années. 

Ce détail passe alors souvent sous les radars parce que, dans certaines régions, on tamponne de moins en moins. En Europe, par exemple, les contrôles évoluent vers des systèmes numériques et les cachets deviennent plus rares pour de nombreux voyageurs. L'Union européenne déploie progressivement un dispositif d'enregistrement informatisé des entrées et sorties aux frontières extérieures, réduisant ainsi l'usage de l'encre sur les pages. Pourtant, dès qu'on s'éloigne du continent, les tampons restent la norme et certaines autorités veulent être sûres d'avoir assez d'espace pour faire leur travail sans contrainte.

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Contrôle des passeports à la douane © Matthias Balk/DPA/SIPA

Vous l'aurez compris, le point qui pose problème n'est autre que le fait que plusieurs pays exigent que le passeport comporte un certain nombre de pages totalement vierges, disponibles pour de futurs tampons ou visas. Peu importe que le document soit encore valable pendant des années, si ces pages libres ne sont pas présentes, l'entrée peut être refusée et la compagnie aérienne peut bloquer l'embarquement dès le départ. Selon la destination, le nombre de pages demandées varie : la Namibie peut en réclamer jusqu'à six, tandis que le Botswana, le Mozambique ou la Zambie en demandent souvent trois. D'autres destinations comme la Chine, Singapour ou l'Inde exigent généralement au moins deux pages libres.

La solution la plus simple consiste alors à anticiper lors du renouvellement. Autrement dit, au moment de faire la demande, il est possible, dans certains pays, d'opter pour un passeport avec un livret plus épais, qui contient davantage de pages que le format standard. Cette option s'adresse surtout aux voyageurs réguliers, mais elle peut éviter bien des mauvaises surprises sur plusieurs années.