DE L'OR POUR LES CHIENS : notre conseil ciné du 30 juin

"DE L'OR POUR LES CHIENS : notre conseil ciné du 30 juin"

En salles le 30 juin, "De l'or pour les chiens" place Anna Cazenave Cambet dans les belles promesses du cinéma hexagonal. Pour cette première réalisation, la jeune cinéaste dresse un portrait de femme magnifique, façonné dans la grâce et la force tranquille.

A même le sable, tandis que les vagues lèchent le rivage, deux corps sont pris dans des ébats passionnés. Au cœur des Landes, l'été fredonne ses dernières lettres. Esther, 17 ans, en savoure un ultime moment charnel avec son bel éphèbe. Car oui, ce dernier retourne à Paris, la plongeant bientôt dans un manque poisseux. Pour son premier long-métrage, sélectionné à la Semaine de la Critique 2020, Anna Cazenave Cambet ose dès l'entame une sexualité claire, limpide, pour très vite l'effilocher jusqu'à la faire disparaître de son récit. Soit une manière habile d'éviter la linéarité du coming of age habituel et de redire que la libération de la femme ne passe pas forcément par la sexualité.

Ici, la réalisatrice choisit de faire le portrait de son héroïne, incarnée par la merveilleuse Tallulah Cassavetti (la nomination au César du meilleur espoir féminin lui tend les bras). Une trajectoire intime, géographique (du sud au nord), allant des plages chaudes à une cellule religieuse. Avec toujours, l'amour qui brille autour d'elle comme un halo, comme une couronne de pureté faisant d'elle l'or de ceux qu'elle croise. Si singulier et touchant, De l'or pour les chiens se vit comme un voyage métaphysique, où le spirituel reste toujours devant le religieux. A leurs talons, un mystère doux qui coiffe cette œuvre de toute sa longueur.

De l'Or pour les Chiens d'Anna Cazenave Cambet avec Tallulah Cassavetti, Corentin Fila et Ana Neborac (1h39)