Alexandra Lamy et Finnegan Oldfield : complicité et coups bas [INTERVIEW]

Alexandra Lamy et Finnegan Oldfield partagent l'affiche de la comédie "Le Poulain", au cinéma. Les deux comédiens s'y donnent à cœur joie entre jeux de pouvoirs, crasses et tentatives de séduction. Face à nous, ils se sont montrés tout aussi mordants.

Le Journal des Femmes : Qu'est-ce qui vous a fait dire "oui" au Poulain ?
Alexandra Lamy :
 On m'a proposé le scénario en pleine campagne présidentielle et je me suis demandé si ce n'était pas un peu ennuyeux... Et puis j'ai vu la comédie, les coulisses de ces personnages sur une toile de fond politique certes, mais que l'on peut transposer ailleurs. Ils ont de l'ambition, ils sont passionnés, C'est un peu la cour qui veut entrer dans le château. Je n'ai pas l'habitude qu'on me propose de jouer une femme un peu cruelle, prête à tout. C'était très intéressant. Elle évolue dans un environnement difficile, très masculin. Je voulais la rendre humaine. La politique me semblait être un milieu froid, alors que c'est très hot. Et puis la comédie est une des meilleures façons de faire une critique de la société. C'est très "molieresque".

Finnegan Oldfield : J'aime bien les personnages candides dans les comédies. Il y a un vrai truc à jouer, de la maladresse... C'est aussi le rapport social qu'on peut trouver partout qui m'a intrigué. Comment tu passes du stagiaire qui arrive avec des croissants et qui n'en n'a même pas à manger pour lui, à celui auquel dix personnes demandent s'il a une nouvelle coupe ? Tu passes du bon côté d'un coup. J'avais l'impression de pas connaitre grand-chose à la politique, mais c'était ce qu'il fallait pour le personnage. J'étais aussi content de travailler avec Alexandra, malgré tout ce qu'elle m'a fait subir pendant le tournage…

Les femmes ont une place importante dans le film : directrice de la communication, présidente de la République...
A. L. :
Le scénario est assez féminin, sans ce côté "vive les femmes" ! Dans la première version du film, on ne savait pas que le président de la République était une présidente. Lorsque Mathieu a fait ses premiers tests sur le public, tout le monde se demandait qui était cette femme dans le bureau présidentiel. Personne ne trouvait ça plausible que ce soit LA présidente de la République... Il y a encore du chemin à parcourir !

Quels parallèles faites-vous entre cinéma et politique ?
A. L. : Il y en a énormément. Ce sont des milieux de pouvoir. Même dans notre métier, il y a encore peu de temps, c'était difficile pour une femme d'avoir le premier rôle. On est aussi peu à des postes de financement, de cheffes...

F. O. : On était à un festival de cinéma et j'ai vu tellement de scènes qui auraient pu être dans Le Poulain. Tu parles à quelqu'un et d'un coup, une personne arrive, tout le monde s'agite, part et tu te dis que tu n'as pas fait le bon film (rires)...

Président(e) d'un jour, que faites-vous ?
A. L.
: Je suis déjà présidente ! Du jury du Festival de l'Alpe d'Huez !

F. O. : J'ai un pote syrien avec qui je viens de tourner, un réfugié politique, qui me dit souvent "mec, si j'étais président…". Je pense qu'il aurait plus d'idées que moi.

Le Poulain, de Mathieu Sapin. Au cinéma le 19 septembre.