"On a arrêté de faire l'amour 6 mois, on a recommencé à s'aimer" : Audrey et Mathieu sont plus heureux que jamais
Quand le désir de Mathieu disparaît, leur relation s'effondre. Le silence s'installe, la frustration grandit, et l'amour semble s'éteindre. Pour tenter de sauver leur couple en crise, Audrey propose une solution peu commune.
Avec Mathieu, nous sommes en couple depuis plus de 7 ans. Nos débuts étaient très intenses : on faisait l'amour tout le temps, même dans des endroits improbables. J'aimais sa façon de me regarder, la manière dont il savait me faire rire. Il y avait quelque chose de très vivant dans notre sexualité. Et puis, petit à petit, le désir s'est effacé. Les semaines sont devenues des mois, et nos rapports se sont espacés. Au début, je me disais que c'était normal : la routine, le travail, la fatigue. Mais un jour, j'ai réalisé que cela faisait presque trois mois que nous n'avions pas fait l'amour. Quand j'ai essayé d'en parler à Mathieu, il s'est refermé. Le silence s'est installé entre nous. Les semaines sont passées, et rien ne changeait. Cette distance me faisait peur : j'avais la sensation que nous devenions des colocataires. Un soir, j'ai essayé de relancer la conversation. J'ai été insistante, peut-être trop, mais il a fini par lâcher d'une voix lasse : "Je n'ai plus envie."
"J'ai toujours été très sexuelle"
J'ai eu le cœur brisé. L'homme que j'aimais n'était plus attiré par moi. Je me suis sentie rejetée, blessée, perdue. Face à ma détresse, il a tenté de se justifier, m'expliquant que ce n'était pas moi, qu'il n'avait simplement plus envie d'avoir de rapports sexuels, sans savoir pourquoi. Le sexe ne l'intéressait plus. J'ai proposé de reprendre la discussion plus tard. J'ai toujours été une personne très sexuelle alors à l'idée d'être en couple sans rapport, j'ai eu peur de ne plus être épanouie. Mais je ne voulais pas perdre Mathieu.
Les semaines qui ont suivi, je me suis sentie de plus en plus seule dans mon couple. J'ai passé des soirées à lire des articles et des témoignages, à essayer de comprendre. J'avais peur que notre histoire s'éteigne. Quand j'ai proposé une thérapie, il a refusé, affirmant que le problème venait de lui, pas de nous. Alors, j'ai cessé de le presser. Mais à force de ne plus rien dire, une forme d'amertume s'est installée, presque de la rancune. Notre communication était rompue, notre intimité, brisée. Je ne voulais pas voir mon couple se détruire à cause de ça, ainsi un soir, après une énième discussion stérile, j'ai proposé quelque chose d'inhabituel : "Et si on faisait une vraie pause ? Six mois sans sexe. Sans attente, sans pression. J'arrête d'y penser, tu arrêtes de culpabiliser, et dans six mois, on fait le point." Il a d'abord été surpris, mais il a accepté.
Notre quotidien n'a pas vraiment changé : on se couchait toujours côte à côte, main dans la main ou dos à dos. Mais, cette fois, je n'étais plus dans l'attente. Je savais que son désir ne reviendrait pas par magie, ni parce que je porterais un nouvel ensemble de lingerie. Je n'avais plus à tout orchestrer pour lui donner envie. Et de son côté, il n'avait plus à croiser mon regard décomposé chaque fois que je comprenais qu'il ne se passerait rien. Cette mise à distance a paradoxalement recréé du lien. On s'est remis à se parler, à se comprendre. On est redevenus curieux l'un de l'autre, comme au début. On s'est remis à sortir, à cuisiner ensemble, à marcher sans téléphone. On a réappris à rire, à se regarder, à se confier. De son côté, il a travaillé sur lui. Sans trop m'en dire mais je savais qu'il suivait une thérapie. Il a aussi repris contact avec ses parents, avec qui il s'était brouillé. C'était le début d'une reconstruction.
"Sans performance, attente ou pression, nos deux corps se redécouvraient"
Pendant ces six mois, j'ai moi aussi travaillé sur moi. Je me suis mise à courir. J'ai lu sur le tantra, réfléchi à ma manière d'aimer. J'ai compris à quel point j'avais, sans m'en rendre compte, associée sexualité et validation, comme si faire l'amour prouvait que j'étais aimée. Six mois plus tard, nous sommes partis en voyage en Crète. Une semaine de soleil, de lenteur et de dîner sous les étoiles. Tout semblait propice à un nouveau départ. Un soir, nous nous sommes retrouvés sur la terrasse, face à la mer et nous avons longuement parlé de ce qu'on avait compris, de ce qu'on voulait. Puis il a posé sa main sur la mienne, sans rien dire. J'ai senti que quelque chose avait changé. Ce soir-là, on s'est retrouvés. Lentement, par des caresses, des baisers, des gestes simples. On s'est laissé le temps. C'était un genre d'intimité, plus sensuelle, pleine de tendresse, à notre image d'adulte. Après la crise, le désir revenait, apaisé, sincère. Sans performance, attente ou pression, nos deux corps se redécouvraient.
Les semaines suivantes, on a continué dans cette voie. On a intégré des massages, des pratiques de respiration, des moments de partage où il n'y avait pas pénétration. Parfois, il me caressait juste les cheveux, ou me massait les épaules, et c'était suffisant. J'ai appris à me sentir désirée autrement. À me sentir valorisée, appréciée, sexy, sans avoir besoin de le prouver. Aujourd'hui, notre sexualité n'a rien à voir avec celle du début. Elle est plus rare, mais plus vraie et consciente. On a compris que le désir ne se commande pas, il se cultive doucement, dans la sécurité et la bienveillance. Faire une pause n'a pas détruit notre couple, bien au contraire, je pense sincèrement que ça l'a sauvé.