Kat, 31 ans, camgirl : "C'est un job extrêmement humain"

Kat Aluna est camgirl et coach camgirl depuis presque quatre ans. Elle offre des shows privés ou publics à travers sa caméra. Pour nous, et avec le sourire, elle lève le voile sur une activité mal perçue et injustement étiquetée de porno.

Kat, 31 ans, camgirl : "C'est un job extrêmement humain"
© 123RF

Avant de devenir camgirl, mais aussi coach dans le domaine, je travaillais comme assistante de direction dans une grande entreprise. J'ai changé de voie par besoin de sortir de ma zone de confort. Il s'agissait d'un défi avec mon partenaire avec qui je vis une relation libre. Nous voulions nous amuser, même si j'allais être seule derrière la caméra. Bien sûr, pour se lancer, il faut une part d'exhibitionnisme en soi, mais nous en avons tous une. Tout dépend des limites que l'on se fixe. Je n'ai jamais eu une sexualité très débridée, mais je voulais me tester, oser, sortir des carcans que l'on s'impose. Cette expérience, c'était l'inconnu. Je n'ai pas du tout mesuré ce que ça allait donner par la suite. Je n'imaginais pas une seconde que cela deviendrait mon quotidien et que je pourrais en vivre.

"Devenir camgirl a boosté ma confiance en moi"

J'ai 31 ans et je me suis lancée il y a presque quatre ans. Bien sûr, j'avais une petite appréhension au départ, même si je me sentais protégée. On est chez soi, derrière son ordinateur. Il a suffi d'une fois pour que je me sente bien et que mes peurs s'envolent. Les personnes qui se connectent et regardent les shows en direct sont extrêmement bienveillantes. Elles sont là pour prendre du plaisir, pour passer un bon moment, pas pour juger. Elles vous complimentent et ça désinhibe. J'ai davantage confiance en moi aujourd'hui qu'à l'époque.

"Interagir avec les voyeurs, c'est la base. Se fixer des limites et se respecter aussi"

Désormais, je diffuse en public sur CAM4. Je monte parfois jusqu'à près de 3 000 voyeurs. Ils m'envoient des messages en live. Je ne peux pas répondre à tous, mais leurs mots sont très valorisants.

Je diffuse aussi en privé, sur mon site (www.kat-aluna.fr, NDLR). Les hommes peuvent réserver un "face à face" afin d'avoir un rapport avec moi plus intime. Certaines fois, je vois leur visage, d'autres non. Je respecte leur désir. Je reste néanmoins maître de ma diffusion. Je sais comment je vais faire les choses. Je leur demande toujours si ça leur convient, s'ils aimeraient autre chose. Interagir avec eux, c'est la base. Mais se fixer des limites et se respecter aussi.

"J'entretiens des relations privilégiées avec les fans"

Il faut garder le contrôle, ne jamais se perdre, savoir dire stop. Si ça va trop loin, on éteint la caméra. Jusqu'à présent, je n'ai jamais eu de mauvaises expériences. Au contraire. Avec mes fans "clients" - même si je ne les considère pas comme clients - une relation quotidienne s'installe. On finit par les connaître, ils nous racontent leur vie, et on ne parle pas vraiment de sexe, même si on reste leur fantasme. Franchement, c'est très convivial ! Je connais leur vie, je suis leur confidente. Ce genre de rapport humanise le "job".

Si je n'entretenais pas ces liens au-delà du sexe, je ne pourrais pas continuer. En tout cas, le plaisir pris n'est pas que du plaisir sexuel. Il y a le plaisir de retrouver les voyeurs, de discuter avec eux.

Je suis également très présente sur les réseaux sociaux. Partager son quotidien est important. Au départ, je postais beaucoup de photos coquines, mais j'ai compris que le contact avec les fans n'était pas seulement érotique. Je poste quand je mate un film, quand je m'achète des vêtements. Cela permet de fidéliser les fans et de développer une relation qui n'est pas purement érotique.

"Je ne fais pas ça pour l'argent"

Je n'ai pas d'emploi du temps. Pour moi, être camgirl, ce n'est pas un travail. Ce n'est que du plaisir. Je ne diffuse pas si je n'en ai pas envie. Je m'écoute, c'est indispensable. On ne peut pas se forcer, non plus offrir un show quand on n'est pas dedans. S'il me fallait néanmoins chiffrer, je dirais que je me connecte environ trois fois par semaine. Il faut être présente car on obtient rapidement un cercle d'habitués.

"Je n'entrerais pas dans les détails financiers, mais je m'en sors bien"

Je n'entrerais pas dans les détails financiers, mais en diffusant régulièrement, on s'en sort plutôt bien. Je ne fais pas ça pour l'argent, même si c'est ce qui motive certaines nanas à se lancer. D'autres le font parce qu'elles désirent entrer dans le porno, mais n'osent pas parce qu'elles sont en couple. D'autres encore ont déjà un caractère très exhib' et se sentent à l'aise très rapidement.

Mon intérêt à moi est vraiment humain. C'est d'ailleurs pour ça que je me suis lancée dans le coaching et pour ça, je ne suis pas rémunérée.

"J'accompagne aussi les nouvelles camgirls dans leur démarche"

Je propose donc un coaching gratuit pour toutes les filles qui veulent débuter comme camgirl ou désirent une remise à niveau. Je suis là pour elles. Elles viennent via CAM4 et bénéficient ensuite de deux séances de coaching par semaine, d'une heure chacune. On aborde plusieurs thèmes : le matériel à acheter, comment faire un bon show, comment régler la lumière, comment choisir sa caméra, comment filmer, comment développer sa base de voyeurs... Bien sûr, avant même d'entrer dans ce genre de détails pratiques, on discute de leur état d'esprit. Une fille ne doit jamais diffuser si elle n'en a pas envie. Il est important qu'elle se fixe des objectifs concrets, qu'elle soit à la pointe, mais elle ne doit pas se mettre la pression. Son corps n'est pas un objet. Elles peuvent me contacter via mon site (www.coachingcamgirl.fr, NDLR) dédié exclusivement aux personnes qui souhaitent commencer et se lancer dans cette aventure sur le Web.

Avec elles aussi, j'entretiens des relations particulières. Ce sont mes petites chéries. Je les accompagne, je prends soin d'elles, je réponds à toutes leurs questions, c'est important. Je ne suis jamais tombée sur une fille qui n'était pas à sa place. Sinon, je le lui aurais dit. Il faut se sentir prête. Un seul doute revient souvent : est-ce que mon corps conviendra ? Les femmes se questionnent beaucoup sur leur physique. Or, tous les corps ont leur public et tous les corps sont les bienvenus. La personnalité est un atout majeur pour se lancer ! Il en faut pour tous les goûts. D'ailleurs, beaucoup de nanas constatent après quelques semaines de cam que leurs complexes disparaissent. Je ne dis pas ça pour inciter à se lancer, je ne fais que constater.

"Je ne me prends pas au sérieux"

Concernant mes proches, je n'ai aucun problème. Ils me connaissent. Je suis assez timide et paradoxalement très spontanée et pétillante. J'ai besoin de me défier en permanence. Au premier abord, on ne devine pas que je suis camgirl, du moins que je peux avoir un lien de près ou de loin avec cet univers. Quand je révèle ce que je fais, les gens sont plutôt surpris et tant mieux. Cela contribue à tuer les clichés. La camgirl serait dévergondée, très porno ! Et bien non. J'ai même une amie avocate qui est devenue camgirl ! J'en parle toujours avec humour et beaucoup de naturel. J'ai du recul, je suis même plutôt détachée. Je vis cette expérience sans me prendre au sérieux.

"Mon partenaire n'y voit aucun souci"

Avec mon partenaire, il n'y a aucun souci. Lui non plus ne voit pas mon activité comme un travail ou une contrainte. Il ne se montre pas jaloux, au contraire. Il me soutient, il est très présent, on en parle beaucoup. Parfois, il me rejoint même durant le show quand j'en ai envie. On devient alors une "cam couple". Nous prenons notre pied, mais cela ne nous empêche pas d'avoir une vie intime loin de la caméra.

Ce quotidien m'épanouit, dans la mesure où je fais ce que je veux. Ensuite, j'ai de la chance, mes proches comprennent très bien et je peux en parler librement avec eux. Je suis bien entourée. Autant professionnellement que personnellement.
Physiologiquement, je suis fatiguée. Il y a les cam, le coaching et aussi mon boulot au quotidien. Mes journées sont bien remplies, mais j'adore. Si demain ça devait s'arrêter, ça me rendrait vraiment malheureuse.

Merci à Kat Aluna, connectée ici :
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Kat, 31 ans, camgirl : "C'est un job extrêmement humain"
Kat, 31 ans, camgirl : "C'est un job extrêmement humain"

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