On peut tomber amoureux à n'importe quel moment, et très souvent quand on s'y attend le moins. Pourquoi ? Selon la psychothérapeute Nilda Chiaraviglio, ce n'est pas simplement une question de hasard ou de destinée. Le sentiment amoureux surgirait plus facilement dans les moments où l'on traverse une période de doute, de fragilité ou de remise en question.

Son message partagé dans le podcast de Marco Antonio Regil interpelle : "Tomber amoureux, c'est quelque chose qui nous arrive quand on est vraiment au plus mal. Les gens heureux ne tombent pas amoureux. Les gens heureux aiment." La psychothérapeute rappelle que lorsque l'amour apparaît, "c'est chimique". "Mais de qui tombe-t-on réellement amoureux ?" De la meilleure version de soi-même à travers les yeux de l'autre", explique-t-elle. Cette rencontre nous donne soudain l'impression d'être plus heureux, plus audacieux, plus vivant. Et selon Nilda Chiaraviglio, cet emballement survient particulièrement à deux périodes de la vie : à l'adolescence et autour de 40 ans. Deux âges où l'on s'interroge sur son identité, ses choix et son avenir. "Les 40 ans, c'est comme une seconde crise d'adolescence", estime-t-elle. Après avoir construit une vie, parfois avec un conjoint, des enfants, une maison et un travail, on peut se demander : "Est-ce que je veux vraiment vivre comme ça pendant les dix prochaines années ?" Dans cette période d'incertitude, une nouvelle rencontre peut alors donner l'impression de retrouver un élan perdu.

"Je ne tombe pas amoureux de la personne, je tombe amoureux de l'idée"

Mais attention à ne pas confondre cette exaltation avec le véritable amour. Selon la psychothérapeute, lorsqu'on tombe amoureux, on idéalise souvent la personne rencontrée. "Je ne tombe pas amoureux de la personne, je tombe amoureux de l'idée, du fantasme, des attentes que je construis", explique-t-elle. Autrement dit, on projette sur l'autre ses désirs et ses rêves, sans forcément le connaître réellement. C'est aussi ce qui peut se produire lorsqu'on retrouve un amour de jeunesse des années plus tard : on croit retrouver la personne qui nous faisait vibrer à 18 ans, alors que l'on est surtout rattrapé par les souvenirs et la nostalgie. Nilda Chiaraviglio invite donc à ne pas prendre de grandes décisions sous le seul effet de cette passion. Une forte attirance et une bonne entente ne suffisent pas à garantir que deux personnes sont compatibles pour construire leur vie ensemble et être heureuses.

D'autant que cet état amoureux intense finit par s'atténuer. Avec le temps, on commence à voir chez l'autre des défauts qui existaient déjà, mais que l'on ne percevait pas. Ce n'est pas forcément le signe que les sentiments disparaissent : c'est simplement que l'on découvre davantage la personne telle qu'elle est. Et c'est là que se joue, pour la psychothérapeute, la différence entre tomber amoureux et aimer. "L'amour est une idée. Ce qui fait la vie, ce sont les comportements, les actions", souligne-t-elle. Un couple amoureux c'est un couple qui partage du respect, des engagements, des projets compatibles et des actes concrets au quotidien.

Pour Nilda Chiaraviglio, il n'y a donc rien d'inquiétant à ne plus ressentir cette passion débordante des débuts. Au contraire, avec les années et une meilleure connaissance de soi, on peut apprendre à aimer de manière plus consciente, sans idéaliser son partenaire ni attendre de lui qu'il comble tous nos manques. C'est ce qu'elle entend lorsqu'elle affirme que "les gens heureux ne tombent pas amoureux, ils aiment". Pour elle, aimer quelqu'un tel qu'il est, plutôt que tel qu'on l'imagine, est finalement bien plus précieux que l'exaltation des débuts.