Passé le cap de la cinquantaine, le corps subit d'importants bouleversements métaboliques qui n'épargnent pas nos extrémités. La production de kératine, cette protéine fibreuse constituant la plaque unguéale, ralentit drastiquement. En effet, si un ongle de la main pousse en moyenne de 3,5 mm par mois, ce rythme physiologique diminue d'environ 0,5 % par an à partir de 25 ans. Conséquence directe de ce phénomène, les ongles s'affinent, se rident de stries verticales et deviennent désespérément mous. Le premier réflexe pour éviter la casse est alors de les couper court, mais c'est précisément lors de cette étape de raccourcissement qu'une erreur dommageable est souvent commise.
Pour comprendre ce qui pose problème, il faut d'abord se pencher sur la structure même de l'ongle qui est constitué de 100 à 150 feuillets de kératine ultra-poreux empilés les uns sur les autres. Contrairement aux apparences, cette surface est près de dix fois plus poreuse que la peau du visage et peut absorber jusqu'à 20 % de son poids en eau lors d'une simple vaisselle ou d'une douche. Gorgée de liquide, cette plaque voit ses couches s'écarter et se ramollit instantanément. C'est à ce moment précis, particulièrement après 50 ans lorsque la baisse des œstrogènes accentue la sécheresse et la vulnérabilité naturelle de l'ongle, que l'utilisation d'un coupe-ongles métallique devient catastrophique. En effet, ses mâchoires vont venir écraser violemment cette structure déjà fragilisée par l'âge avant de réussir à la sectionner.
Face à ce constat, les prothésistes ongulaires et expertes en manucure sont unanimes sur la mécanique de ce phénomène. Elles expliquent régulièrement que le coupe-ongles ou la lime en carton classique viennent accrocher et déchirer les différents feuillets de kératine. Sur un ongle mou, c'est le dédoublement assuré. À l'inverse, la lime en verre, grâce à son grain extrêmement fin, est le seul outil qui permet de lisser et de sceller complètement le bord libre de l'ongle. L'extrémité devient hermétique, ce qui bloque les infiltrations d'eau et l'empêche de s'effriter au moindre choc du quotidien.
Adopter ce nouvel outil demande toutefois une gestuelle adaptée pour en tirer tous les bénéfices. L'astuce pratique consiste à limer ses ongles une fois par semaine en veillant à effectuer le mouvement dans un seul et même sens, toujours de l'extérieur vers le centre, en proscrivant absolument les allers-retours frénétiques. Associée à l'application quotidienne d'une goutte d'huile de ricin massée sur les cuticules pour nourrir la base, cette nouvelle routine garantit un résultat durable. Il faudra néanmoins faire preuve de régularité et d'une certaine patience pour en voir les effets définitifs, car à cette période de la vie, il faut compter entre 4 et 6 mois pour qu'un ongle se renouvelle entièrement de sa matrice originelle jusqu'au bout du doigt.