Jane Birkin : ses secrets, ses amours, sa famille...

Jane Birkin, icône sixties et personnage haut en couleur, nous fascine, mais cette héroïne Pop a aussi traversé de nombreux drames... Laissez-nous vous raconter une saga so british...

"Nul ne guérit jamais de son enfance", disait Jean Ferrat. De ses jeunes années, Jane Birkin garde en effet un souvenir digne d'un conte de fée. "Mes meilleures années sont celles de l'enfance, c'est difficile de retrouver d'aussi belles choses quand on a été ainsi choyée", confiait ainsi l'actrice, désormais âgée de 72 ans, à Version Femina, en septembre dernier. Née en 1946, Jane est la fille de David Birkin un fier commandant dans la Royal Navy qui décédera en 1991 et de Judy Campbell, une actrice disparue en 2004. Découvrez son histoire et celle des siens.

David et Judy, les parents flamboyants de Jane Birkin

Muse de Noël Coward, le Sacha Guitry britannique, Judy est dans tombée dans la marmite toute petite. Sa mère est l'actrice Mary Fulton et son père John Arthur Campbell, un homme qui possède plusieurs casquettes : celles de dramaturge, d'acteur et de propriétaire de théâtre.
Née à Grantham au milieu de la première Guerre Mondiale , la jeune Judy fait ses débuts au théâtre Royal à Grantham  à 19 ans. Par la suite, la jeune fille s'illustre dans une comédie musicale, mais c'est surtout au théâtre qu'elle montre l'étendue de son talent, marquant les esprits grâce à son caractère affirmé et féministe. Un jour, lors de la représentation de la pièce Joyeux Chagrins, son partenaire de jeu la bouscule d'une façon un peu virile comme il l'aurait fait avec un homme. Bravache, la jeune fille se dit : "Ai-je réussi là où toutes les femmes ont échoué ? ". En fait de reconnaissance de l'égalité des sexes, le partenaire en question a voulu garder ses mains au chaud dans un théâtre glacial car privé de chauffage durant la guerre !
C'est durant ce conflit que Judy Campbell rencontre David Birkin, un fier aristocrate qui aide alors les résistants français, et notamment un certain François Mitterrand, à traverser la Manche. S'ils tombent rapidement sous le charme l'un de l'autre, les deux amants n'ont pourtant rien en commun : Andrew Birkin est un homme engagé, qui se bat pour de nobles causes comme l'abolition de la peine de mort, alors que Judy Campbell est une flamboyante comédienne qui se consacre à son art. Ces deux êtres si singuliers vont dès lors devoir faire des concessions, qui seront surtout le fait de la jolie Judy, que son jeune époux surveille autant qu'il le peut .
Car la jeune femme est belle, très belle... à tel point que le photographe Cecil Beaton l'a surnommée "la plus belle fille d'Angleterre ". Jaloux et inquiet en raison de la cour de prétendants qui gravitent autour d'elle, David Birkin va alors convaincre son épouse d'interrompre sa carrière pour s'occuper de leurs 3 enfants : Andrew né en 1945, Jane, qui voit le jour en 1946, puis enfin Linda. "Ma mère n'a pas pu faire la carrière qu'elle méritait, car mon père l'a poussée à refuser beaucoup de rôles pour qu'elle se consacre à leurs trois enfants", révélait ainsi Jane Birkin à Marie-Claire, il y a quelques années.


L'internat, la première rupture

Les trois enfants grandissent dans un foyer aimant et joyeux.  Plus calme et introvertie que son frère et sa sœur, la petite Jane adule ses parents qu'elle trouve tout simplement superbes. Pendant qu'elle se réfugie dans ses pensés, sa sœur cadette Linda tente déjà, elle qui deviendra sculptrice, de transformer tout ce qu'elle touche. Jolie comme un cœur, la petite Linda est aussi une enfant révoltée qui s'indigne dès que l'occasion se présente. L'aîné Andrew aime, quant à lui, s'affranchir des règles : différent des autres enfants de son âge, il revendique son originalité. Plus tard, il deviendra un scénariste et un réalisateur reconnu.Tout ce charmant petit monde s'épanouit dans un joyeux capharnaüm rempli d'objets, de dessins, de plantes vertes et de multiples lampes sur la terrasse.  La vie est belle pour la petite Jane.
La première rupture a lieu quand elle intègre un internat sur l’île de Wight, comme la plupart des enfants issus de bonnes familles.
"Nous étions des numéros. Moi j'étais le 99, et ma petite sœur le 177. Que des filles parquées dans de petites maisons. Si la nôtre cumulait trop de mauvaises notes, nous étions toutes pénalisées", raconte Jane dans Télérama, en ajoutant qu'elle les accumulait car elle était tout le temps en retard ! C'est à 12 ans que la jeune fille découvre la notion d'échec liée à ses mauvaises notes mais aussi au regard de ses camarades qui se moquent de son absence de poitrine et la qualifient de "half-cast" (mi garçon et mi fille).
La jeune fille termine cahin-caha ses études mais le gout de la comédie transmis par sa mère Judy la pousse à tenter sa chance au cinéma tandis que son frère Andrew se lance dans la photographie

John Barry, un homme à femmes

Jane Birkin n'a que 17 ans quand elle rencontre le composteur de film John Barry, lors du tournage de la comédie musicale Passion Flowers Hotel . Gauche, l'adolescente ne brille alors pas par son talent mais John Barry la remarque et la sélectionne. Impressionnée par cet homme brillant, de 13 ans son aîné, qui a, selon elle, un air de ressemblance avec Gustav Mahler, Jane Birkin tombe sous son charme, au grand désespoir de son père ! "John avait la réputation d'un Don Juan et tout le monde avait peur pour moi. Mon père ne voulait pas que je me marie en étant mineure. Mais à 17 ans, je ne l'ai pas écouté ", confie Jane Birkin au Parisien en 2011. La jeune fille refuse d'écouter les avertissements des membres de sa famille. Ceux-ci ne font pas confiance au compositeur qui a déjà été marié et a eu un enfant avec la jeune fille au pair !
Au début de leur mariage, la jeune actrice se consacre à son époux : elle cuisine tous les plats qu'il aime, des faisans en premier lieu, se transforme en femme d'intérieur et partage ses journées entre leur maison de Londres et celle où John compose. Elle poursuit malgré tout sa carrière naissante en 1965, en jouant dans The Knack…and How To Get It alors qu'elle n'a que 19 ans, puis en 1966 sous la direction de Michelangelo Antonioni dans Blow Up... qui remportera ensuite la Palme d'or du Festival de Cannes. Le jour de l'audition restera dans sa mémoire : le génial réalisateur demande à ses assistants de la pousser à bout pour forcer la petite Anglaise à dévoiler ses émotions. Par la suite, il lui demandera d’apparaître nue à l'écran, ce qu'elle acceptera au grand étonnement de John, persuadé qu'elle aurait refusé car peu à l'aise avec son corps. En effet, la jeune femme passait son temps à éteindre les lumières chez eux ! John n'a d'ailleurs pas une grande confiance en elle et se considère plutôt comme un mentor. Il lui enseigne tous les rudiments de la musique.
Docile elle accepte tout ou presque ! Si John Barry n'a pas vraiment envie de devenir père à nouveau, Jane Birkin elle, rêve d'être mère. Quand elle se découvre enceinte, c'est le bonheur. C'est ainsi que Kate naît le 8 avril 1967, mais John, qui vient d'obtenir deux oscars, se concentre sur sa carrière. Les relations entre les jeunes époux deviennent de plus en plus compliquées. L'homme est d'ailleurs d'un naturel fuyant, mais surtout volage, et 4 ans après leur union, il quitte la comédienne en devenir pour une autre femme et s'installe aux États-Unis. Désespérée, Jane Birkin retourne chez sa mère avec Kate sous le bras. En 1968, elle se décide à traverser la Manche pour rejoindre la France et jouer dans  le film Slogan de Pierre Grimblat.

Serge Gainsbourg, son grand amour

Quand elle rencontre Serge Gainsbourg pour les essais du film, la jeune actrice ne le trouve certes pas antipathique, mais plutôt caustique. Âgé de 40 ans, le chanteur qui a déjà été marié deux fois et qui est père de Paul et Natacha, sort d'une histoire d'amour dévastatrice avec Brigitte Bardot. Blasé, il regarde à peine la jeune fille mais salue ses efforts pour parler français alors que c'est une langue qu'elle ne connait pas du tout. Mais nulle once de séduction entre eux : le chanteur qui a encore BB dans le cœur n'aime que les femmes sophistiqués, érotiques, mystérieuses et il se trouve face à une toute jeune fille qui pleure tout le temps en évoquant sa vie de mère célibataire.
Mais, contre toute attente, le charme opère lors d'une soirée où Serge Gainsbourg laisse tomber le masque et révèle son côté charmeur. La jeune fille accepte de terminer la nuit à l'hôtel avec lui mais quand elle sort de la salle de bain après s'être rafraîchie, le grand séducteur s'est endormi comme une masse ! Jane Birkin lui laisse alors le CD sur lequel ils ont dansé toute la nuit... entre les orteils, avant de rentrer chez elle.
Commence alors une relation torturée et passionnelle qui durera 13 ans pour le plus grand bonheur des parents de l'actrice ! "Après m'avoir vue tellement triste avec John Barry, ils me voyaient enfin joyeuse. Serge a séduit ma mère parce qu'il lui rappelait Eric Maschwitz qui lui avait écrit le standard 'Nightingale Sang in Berkeley Square'. Quant à mon père, il le trouvait follement drôle. Ils prenaient leurs somnifères ensemble comme deux hiboux", raconte Jane dans Vogue, en août 2018. En 1969, quelques mois après leur rencontre, ils enregistrent ensemble le titre Je t'aime moi non plus, initialement écrit pour BB. Le morceau subit les foudres de la presse, est banni par les radios et même condamné par le Vatican. La chanson sera même interdite de diffusion en Espagne, en Grande-Bretagne et en Italie.
Bénéficiant alors d'un immense coup de projecteur, le disque se vendra à plus d'un million d'exemplaires en quelques mois.
Charlotte naît en 1971 et Jane Birkin, maman dans l'âme, décide de faire une pause jusqu'en 1973. Cette année-là, elle sort son deuxième opus Di Doo Dah, toujours écrit par Serge Gainsbourg, qui rencontre un grand succès et joue dans Don Juan 73 de Roger Vadim. Elle devient populaire, mais se contente de rôles de ravissante idiote dans de nombreux films. 1980 marque la fin de l'histoire entre Jane et Serge. L'actrice ne supporte plus les excès de son compagnon qui passe sa nuit dans les bars, rentre ivre au petit matin et enchaîne cigarette sur cigarette. Lasse, Jane quitte brusquement leur appartement de la rue de Verneuil dans le 7e arrondissement de Paris, avec ses filles Kate et Charlotte et se réfugie à l'Hôtel Hilton Suffren. Mais les deux ex-amants sont malheureux et Catherine Deneuve tente de les réconcilier. Serge et Jane acceptent de se donner une seconde chance mais l'actrice passe de nouveau la porte au bout d'une semaine laissant serge désespéré.  "J'ai cru toucher le fond de la piscine et je me suis aperçu qu'il y avait un double fond", confie alors le chanteur à la presse. Mais Jane a déjà un autre homme dans la tête : un certain Jacques Doillon qu'elle a rencontré un an plus tôt et à qui elle a pensé proposer de faire partie d'un ménage à trois !


Jacques Doillon, l'homme de raison

Quand Jane décidé de rompre définitivement avec Serge, elle ne s'éloigne pas pour autant et c'est le père de Charlotte qui lui demande de s'installer dans la maison de ami Jacques Séguéla. Grand prince, il accepte aussi qu'elle s'installe chez Jacques Doillon, plus jeune, plus calme et moins torturé que lui. Les deux anciens amants terribles continuent de s'aimer à distance mais différemment. Quand Jane Birkin donne naissance à Lou, sa troisième fille en 1982, elle demande à Serge Gainsbourg d'être son parrain et il accepte immédiatement. "C'est Serge que j'ai appelé en premier de l'hôpital, Il a envoyé des jolies petites bottines rouges, des poupées, des étagères roses sur lesquelles il avait marqué au feutre "De la part de Papa 2", raconte l'artiste, dans le livre Gainsbourg.
Cette relation singulière va perdurer pendant des années. Serge va continuer à écrire des titres pour Jane Birkin qui va aussi enfin interpréter des rôles dramatiques dans les films de Jacques Doillon, de Jacques Rivette et de Régis Wargnier, tout en apparaissant dans des comédies françaises. Elle collabore également en tant qu'actrice à deux reprises avec la réalisatrice Agnès Varda pour sa plus grande fierté. 1991 marque la fin d'une époque :  Jane Birkin perd simultanément son père et Serge Gainsbourg à quelques jours d'intervalle. L'année suivante, elle se sépare de Jacques Doillon. Elle tourne peu dans les années 90 et se consacre essentiellement à la musique tout en s'occupant de ses filles.

3 filles, 3 destins

Nées de père différents, Kate, Charlotte et Lou ont des caractères et des parcours diamétralement opposés. Charlotte a brillamment réussi sa carrière d'actrice et de chanteuse et a construit une famille solide avec Yvan Attal, le père de Ben, né en 1997, d'Alice née en 2002 et de Jo en 2011. Son compagnon sera sa bouée de sauvetage lors de la disparition de son père, en 1991. "Pendant des années, j'étais une loque. Yvan m'a récupérée très peu de temps après et il a eu la patience d'attendre, je ne sais pas... dix ans... que, petit à petit, j'émerge", racontait l'actrice, désormais âgée de 46 ans, à Vanity Fair en 2015. La jeune femme trouvera cependant la force de remonter la pente et de recommencer à chanter en souvenir de Serge Gainsbourg.
Lou a, elle, emprunté des chemins de traverse. Petite, elle rêve de devenir écrivain, détective ou médecine légiste ! Peu intéressée par les études, elles décide à 15 ans d'arrêter l'école et de quitter le nid familial. Un an plus tard, son père lui offre son premier rôle devant la caméra et elle commence une carrière d'actrice. En 2002, elle tombe sous le charme du musicien Thomas John Mitchell et tombe enceinte. Quand Marlowe nait en juillet 2002, elle n'a que 20 ans et suit alors les traces de Jane, jeune mère comme elle. "Cela n'a pas été facile. Je ne conseille pas de le faire, mais, lorsque l'on a un enfant avant 20 ans, il y a une grande part d'innocence, on y va avec le côté 'tête brûlée' des ados", a confié la jeune femme, dans une interview au Journal des Femmes. Si l'histoire d'amour avec le père de son fils ne dure pas, Lou continue son bonhomme de chemin et en 2012, elle sort son premier album, le jour de ses 30 ans. Depuis, elle enchaîne les tournées et les concerts et a sorti en février 2019 son troisième album.
La plus torturée des filles de Jane Birkin reste Kate. Ballottée durant son enfance, Kate n'a que peu connu son père, qui a quitté le foyer familial quand elle avait un an. Elle ne le rencontre véritablement qu'à l'âge de 12 ans. Si elle considère ensuite Serge Gainsbourg comme son père, elle supporte mal la lumière dans laquelle vit le couple passionnel. Adolescente torturée, elle est perturbée par la séparation de Jane et de Serge et, malgré l'écoute attentive de son nouveau père Jacques Doillon, perd pied.
Celle qui se rêve juge pour enfants ou vétérinaire décide finalement de se lancer dans la mode et obtient un diplôme de l'école de chambre syndicale de haute couture de Paris. Mais la mélancolie qu'elle a sans doute hérité de son père la rattrape et elle sombre dans l'alcool et la drogue. La jeune fille réussit néanmoins à se sortir de cette impasse et créera plus tard APTE (Aide et prévention des toxico-dépendances par l'entraide), un centre pour les toxicomanes près de Soissons, dans lequel elle s'investira activement. En 1987, elle tombe follement amoureuse du sombre Pascal de Kermadec, qui disparaitra quelques années plus tard, et accouche d'un petit Roman, à 20 ans elle aussi. La jeune femme deviendra ensuite une photographe de talent mais aussi une femme fragile et sombre.


Mort de Kate: le drame d'une famille

Le 11 décembre 2013, c'est le clan Birkin qui vole en éclat. Kate vient de faire une chute mortelle du quatrième étage de son appartement parisien. Certains évoqueront une chute accidentelle alors que la photographe de 46 ans voulait fixer les rideaux de l'appartement dans lequel elle venait d'emménager, d'autres le suicide d'une femme dépressive chez qui on a trouvé des boîtes d'anxiolytiques et d'antidépresseurs. C'est Charlotte qui apprend la terrible nouvelle à sa mère, qui vient de terminer un concert à Besançon, et qui accourt pour découvrir le corps de sa sœur.
Anéantie, Jane annule tous ses concerts et quelques mois plus tard Charlotte quitte Paris avec ses enfants, où l'air est devenu irrespirable. Elle s'installe à New York. Bouleversée, Lou mettra elle aussi des mois avant de réussir à faire son deuil. "Quand ma fille est morte, je ne savais plus quoi faire. J'étais sortie de la vie, enfin je vivais une sorte de vie en parallèle", confiera Jane sur France Inter, trois ans plus tard. La vie n'est pas tendre pour l'actrice qui après une inflammation aigüe du péricarde  a appris qu'elle est attente d'une leucémie. Quand Kate disparaît, elle commence à peine à refaire surface et c'est de nouveau le trou noir.
Jane Birkin se retire du monde, s'enferme dans sa peine, au cœur de sa maison parisienne, à nouveau terrassée par la douleur. Son frère Andrew, qui a lui aussi perdu un fils, Anno, 20 ans, mort dans un accident de voiture en 2001, tente de la soutenir comme il le peut. Toutefois, Jane, qui a tant aimé être maman, se réfugie encore une fois dans son monde, cette fois peuplé de fantômes et de souvenirs.
En 2015, c'est la lecture des textes de Serge en compagnie de Serge Piccoli et d'Hervé Pierre qui la ramène enfin à la vie. Poussée par Charlotte et Lou, l'actrice recommence à sortir et à travailler. Jane Birkin voit 3 films par jour, passe ses soirées au théâtre, car "les belles choses peuvent aider à vivre". Avec dans un coin de sa tête, la devise de Judy, la magnifique : "Souris et le monde sourira avec toi; pleure, et tu pleureras seule"...

Jane Birkin : ses secrets, ses amours, sa famille...
Jane Birkin : ses secrets, ses amours, sa famille...

"Nul ne guérit jamais de son enfance ", disait Jean Ferrat. De ses jeunes années, Jane Birkin garde en effet un souvenir digne d'un conte de fée. "Mes meilleures années sont celles de l'enfance, c'est difficile de retrouver d'aussi...