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On la savait malade, Marie Dubois est décédée mercredi à l'âge de 77 ans. Souffrant depuis sa jeunesse de sclérose en plaques qu'elle combattait avec courage, elle est morte dans une maison de retraite de la banlieue de Pau où elle vivait depuis 2010.

Actrice de théâtre, de cinéma, de télévision, Chevalier de la Légion d'Honneur, Claudine Lucie Pauline Huzé née le 12 janvier 1937 à Paris débute sur les planches après le Conservatoire. François Truffaut la choisit pour jouer Léna, la petite amie de Charles Aznavour dans Tirez sur le pianiste, et lui trouve son nom d'actrice, d'après le titre d'un roman de Jacques Audiberti. "C'est qu'elle incarne, comme l'héroïne, toutes les femmes en une seule", (...) Marie Dubois n'est ni une souri, ni une pépée, elle n'est ni piquante ni mutine, On ne se retournerait pas sur elle dans la rue, mais elle est fraîche et gracieuse, un peu garçonne et très enfantine. Elle est véhémente et passionnée, pudique et tendre", écrira le cinéaste. Une candeur teintée de gravité. Dès cette époque, Marie subit les premières atteintes d'une sclérose en plaques qui va bientôt la confiner dans un fauteuil roulant. Ce sont des problèmes oculaires qui conduisent à la diagnostiquer : "Un soir, j'ai eu comme des papillons devant les yeux. J'ai mis ma main devant mon oeil droit. D'un seul coup, le trou noir".

Beauté juvénile, allure naturelle, gouaille agréable mais aussi souffrance intériorisée et touchante sincérité, cette blonde platine au talent réel joue des rôles souvent difficiles avec Jean-Luc Godard ("Une Femme est une Femme"), René Clair ("Les Fêtes Galantes"), Louis Malle ("Le Voleur"), -"Je n'ai jamais été aussi heureuse que lorsqu'il m'a teinte en rousse, habillée avec des boas et des bijoux. Enfin je jouais une garce, une salope!"), dira l'actrice-, Claude Sautet ("Vincent, François, Paul et les Autres", "Garçon !"), Luchino Visconti ("L'Innocent") ou Alain Corneau ("La Menace"), qui lui vaut le César du meilleur second rôle en 1977, Claude Chabrol ("Rien ne va plus"). Mais on la retrouve également dans des comédies : courtisée par Bourvil dans "La Grande vadrouille" de Gérard Oury (1966) ou aux côtés de Lino Ventura dans "Les Grandes Gueules" de Robert Enrico ou sur le petit écran dans "Jacques le fataliste", "Marie Curie", "François le Champi", "Madame le juge" ou "Bel-Ami".

Gageure dans le showbiz, Marie Dubois a eu pour époux pendant presqu'un demi-siècle Serge Rousseau, père de sa fille Dominique, comédien devenu un puissant agent, cofondateur de l'Agence Artmedia, disparu en 2007.

"La mort ne me fait pas peur. La foi m'est naturelle", avait-elle confié en publiant en 2002 une touchante autobiographie dans laquelle elle évoquait sa lutte contre la maladie ("Je n'ai jamais menti, j'ai pas tout dit...", Plon), un an après avoir témoigné dans un film documentaire réalisé par Alain Corneau. C'est une immense interprète et une femme exceptionnelle qui nous quitte.