M. Pokora dans "Oradour" sur TF1 : "J'y vais avec les tripes" (exclu)

Une nouvelle fois, M.Pokora quitte sa casquette de chanteur pour reprendre celle d'acteur. Il est la tête d'affiche du téléfilm "Oradour", diffusé ce 24 septembre sur TF1. Il a accordé une interview au "Journal des Femmes" pour évoquer les coulisses de ce projet.

M. Pokora dans "Oradour" sur TF1 : "J'y vais avec les tripes" (exclu)
© CYRIL PECQUENARD/SIPA

Avec "Oradour", téléfilm évènement de la rentrée diffusé par TF1, M.Pokora incarne Philippe Gerbier, un officier des Forces françaises libres chargé de diriger une mission pour la Résistance à l'approche du débarquement. Un rôle lourd, chargé du poids de l'Histoire, que le chanteur et apprenti comédien a pris très au sérieux. Il en a parlé au micro du Journal des Femmes.

Comment est né ce projet ?

C'est un projet qui me tenait à cœur depuis 5-6 ans déjà. Avec mon manager, on a cherché à le développer, on est allé sur place à Oradour, on a rencontré les associations, j'ai eu la chance de pouvoir échanger avec Robert Hébras, qui était à ce moment le dernier survivant du massacre. Et donc de m'imprégner aussi de son histoire. On a porté le projet pendant 5 ans jusqu'à ce qu'on ait un feu vert et que TF1 nous donne le go.

"J'ai dû chercher sur Google pour être sûr"

Que saviez-vous du drame d'Oradour ?

Quand mon manager m'a parlé d'Oradour pour la première fois, j'ai dû chercher sur Google pour être sûr de ce dont on parlait… et pour moi ça, ce n'était pas normal déjà. Donc j'ai demandé autour de moi s'ils connaissaient l'histoire de ce drame et je me suis rendu compte que 80% des gens en avaient un souvenir assez vague. Cela n'avait pas assez marqué les esprits pour moi alors qu'on parle du plus grand massacre de civils en France. Donc on s'est battu pour ça, pour la mémoire, pour raconter cette histoire et pour qu'on n'oublie jamais.

Aviez-vous des appréhensions avant le tournage ?

Beaucoup, je voulais être à la hauteur d'un événement qui a marqué l'histoire de notre pays, être à la hauteur des attentes évidemment. Ce n'est pas rien de raconter une histoire qui a bouleversé des familles entières et un pays tout entier à une époque qu'on n'a pas connue. C'est quelque chose qui laisse des traces. J'ai échangé à l'époque avec mon grand-père qui était militaire de carrière, on sent qu'il y a des non-dits, il y a des choses dont cette génération a du mal à parler. Je savais que ça allait remuer pas mal de choses, mais je pense que c'est nécessaire pour la nouvelle génération aussi.

"Il faut faire des dons, maintenir ce village martyr en vie"

Les jeunes ont de moins en moins de connaissances sur la Seconde Guerre mondiale...

Si le fait de diffuser ce téléfilm peut permettre à des jeunes de s'intéresser au sujet et que ce soit plus abordable pour eux de le regarder plutôt que de l'entendre dans une salle de classe, c'est très bien. Ce qui est important avec ce téléfilm, c'est de faire en sorte que les gens aient envie d'aller sur place, voir le village martyr et se rendre compte de ce qui s'est passé, entretenir la mémoire. Il faut faire des dons, il faut qu'il y ait plus de visiteurs encore pour qu'on puisse maintenir ce village martyr en vie.

Il y avait-il une scène particulièrement dure à tourner ? 

La scène de l'église. Quand je suis entré et que j'ai vu des femmes et des enfants allongés dans l'église, même maquillés, même lorsqu'on sait que l'on s'apprête à tourner, c'est dur. 

Est-ce que ce tournage vous a donné envie de plus tourner ? 

L'acting, ça m'a toujours plu, mais je fais très peu de films parce que je veux vraiment choisir les projets et faire des choses qui ont du sens. Mon premier, c'était sur le thème de la maladie d'Alzheimer. Encore un autre projet qu'on avait amené parce que j'ai été touché dans ma famille avec mon grand-père et un oncle. Et Oradour, j'y vais aussi avec les tripes.  J'ai cette chance-là de ne pas avoir besoin de tourner parce que ce n'est pas mon premier métier, mais j'aime le faire lorsque cela a du sens.